La conduite du Seigneur n'est pas bonne. (Ez 18, 25)

Publié le par Abbé Laffargue

Bulletin dominical du 28 septembre 2014

26ème dimanche du Temps de l'Année liturgique - A -

LE MOT DU CURE

La conduite du Seigneur n'est pas bonne.

(Ezéchiel 18, 25 – Ière lecture)

La première lecture est saisissante d'actualité, 600 ans avant Jésus-Christ. On entend souvent de vives critiques de Dieu: La conduite du Seigneur n'est pas juste* (v. 25). Le prophète Le défend en Lui faisant dire: Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant et non pas plutôt à le voir se détourner de sa conduite et vivre ? (vv. 23 incomplètement cité dans le début de l'extrait et 32 ).

Il renvoie le coupable à sa culpabilité: Est-ce ma manière d'agir qui n'est pas juste. N'est-ce pas plutôt la vôtre ? (vv. 25 et 29). Et il décrit l'évidence: Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c'est à cause du mal qu'il a commis* qu'il mourra (v. 27). Mais si le pécheur se détourne du péché qu'il a commis*il sauvera sa vie (v. 28). Dans la suite du texte, Ezéchiel écrit aussi: Convertissez-vous et détournez-vous de tous vos péchés (…) faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau (vv. 30-31). C'est un regard et un cœur nouveau, en effet, qu'il faut avoir et demander et faire son examen de conscience au lieu d'accuser les autres et d'accuser Dieu !

Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve (Psaume 24/25, str. 1).

C'est le Christ qui nous a montré l'exemple. Celui de l'humilité: Lui qui était de condition divine (…) s'est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur. Il s'est abaissé lui-même se faisant obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix (Saint Paul aux Philippiens 2, 6-8 – IIème lecture). C'est pourquoi, Dieu l'a élevé au-dessus de tout (…) afin qu'au Nom de Jésus, dans les cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux (voici un rappel pour l'agenouillement devant le tabernacle et en présence de Dieu sur l'autel dans la sainte Eucharistie) et que toute langue proclame "Jésus Christ est le Seigneur" pour la gloire de Dieu le Père (vv. 9-10).

Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé (Mt 23, 12).

Ne faites rien par esprit de rivalité ou par vaine gloire (trad. Crampon) mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes (Ph 2, 3). L'humilité entraîne la charité car on est dans le Christ en communion dans l'Esprit qui donne la tendresse et la compassion. L'unité vient qu'alors nous avons une même pensée, un même amour, une seule âme, les mêmes sentiments (vv. 1-2).

C'est la volonté de Dieu, c'est travailler à sa vigne (Mt 21, 28 – Evangile). Malheureusement, les héritiers de la Promesse, ceux à qui Dieu S'est fait connaître et a donné tant de grâces depuis longtemps, résistent et se détournent de Lui, alors que ceux qui sont plus loin, les publicains et les prostituées – les pécheurs – les précèderont dans le Royaume de Dieu. Les premiers n'ont pas voulu changer leur cœur et se convertir, se croyant déjà sauvés; les seconds ont cru à la Parole de Dieu (v. 32) conscients de leurs faiblesses et de leur indignité.

Aujourd'hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur !

(verset de l'Alleluia)

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Traductions de la Bible de Jérusalem.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article