la Communion des saints

Publié le par Abbé Laffargue

La Communion des Saints

Le souvenir des morts, leur commémoraison le 2 novembre et nos prières en ce mois de novembre qui est traditionnellement consacré aux âmes du Purgatoire, nous permet de méditer sur cet article du Credo que nous disons tous les dimanches à la Messe et aux fêtes d'obligation en France (Toussaint, Noël, Ascension, Assomption): Je crois à la Communion des Saints (cf. Catéchisme de l'Eglise Catholique, n° 946 à 962).

Qu'est-ce que l'Eglise entend par communion des saints ? C'est une union spirituelle, surnaturelle, qui existe entre tous ses membres, qui les rend solidaires les uns les autres et les fait participer à ses biens spirituels.

Les membres de l'Eglise sont d'abord les saints du ciel (l'Eglise triomphante): ceux qui sont morts dans la grâce de Dieu, en état de grâce, ayant expié sur la terre ou au purgatoire les péchés pardonnés dans le sacrement de pénitence ou par la contrition parfaite (regret des péchés par amour de Dieu. Cf C.E.C., n° 1452).

Ce sont ensuite les âmes qui sont en purgatoire (l'Eglise souffrante). Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu'assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. L'Eglise appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés (l'enfer) (C.E.C., n° 1030-1031).

Ce sont enfin les fidèles de la terre (l'Eglise militante) qui sont dans la grâce de Dieu.

Nous recevons la protection et l'aide des saints et des anges que nous prions, nous allégeons les souffrances des âmes qui sont en purgatoire par les messes que nous faisons célébrer pour eux, par les prières dites à leur intention, par les indulgences en faveur des défunts (C.E.C. n° 1032 et 1479).

Entre les membres de l'Eglise se produit invisiblement un échange, une réciprocité, une réversibilité des prières et des mérites des uns et des autres. C'est la Vie de Dieu (ou vie de la grâce), la vie de Charité qui circule comme un sang spirituel qui sauve, féconde et enrichit. Voilà pourquoi, une telle communion, une telle réversibilité n'est communiquée pleinement que si les âmes qui habitent les corps terrestres des vivants sont en état d'en recevoir les bienfaits (l'état de grâce), ne sont pas coupées de Dieu, en rupture de charité. Les mérites des saints (au ciel et sur la terre) peuvent cependant les aider à avoir la contrition, à se convertir, à revenir à Dieu.

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique distingue la Communion des biens spirituels et la Communion de l'Eglise du ciel et de la terre.

La Communion des biens spirituels avec la communion dans la foi des fidèles reçue des apôtres, trésor de vie qui s'enrichit en étant partagé. La communion des sacrements, surtout du baptême, porte par laquelle les hommes entrent dans l'Eglise, sacrements qui les unissent tous et les attachent à Jésus-Christ. C'est le sacrement de l'Eucharistie qui, principalement, consomme cette communion. La communion des charismes où l'Esprit Saint distribue parmi les fidèles les grâces spéciales (Cf. Vatican II, Lumen gentium. n°12). "A chacun la manifestation de l'Esprit donnée en vue du bien commun" (1 Co 12,7).

Le bien de chaque chrétien est commun avec tous, c'est un administrateur des biens du Seigneur (Cf. Lc 16,1).

La communion de la charité: "Nul ne vit pour soi-même, nul ne meurt pour soi-même" (Rm 14,7), membres du Corps du Christ, chacun pour sa part (1 Co 12, 26-27). "Le moindre de nos actes fait dans la charité retentit au profit de tous, dans cette solidarité avec tous les hommes, vivants ou morts, qui se fonde sur la communion des saints. tout péché nuit à cette communion." (C.E.C. n° 949-953)

La Communion de l'Eglise du ciel et de la terre. Tout est soumis au Seigneur: ceux de ses disciples qui continuent sur terre leur pèlerinage, ceux qui se purifient après leur mort, ceux qui sont dans la gloire. "Tous ceux qui sont au Christ et possèdent son Esprit constituent une seule Eglise et se tiennent mutuellement comme un tout dans le Christ". Cette union est renforcée par l'échange des biens spirituels (Vat. II, L.G. n°49).

L'intercession des saints: "Ils ne cessent d'intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu'ils ont acquis sur terre par l'unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (…). Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité." (Vat. II, L.G. n°49)

Ne pleurez pas, je vous serai plus utile après ma mort et je vous aiderai plus efficacement que pendant ma vie.

Saint Dominique, mourant (1221), à ses frères.

Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre (Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, +1897)

(C. E. C. n° 956)

La communion avec les saints: "Tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur chef, toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même." (L. G. n° 50) (C.E.C. n° 957)

La communion avec les défunts: "Reconnaissant cette communion qui existe à l'intérieur de tout le corps mystique de Jésus-Christ, l'Eglise en ses membres qui cheminent sur terre a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant aussi pour eux ses suffrages; car la pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse (2 M 12, 45)". (L.G. n°50). Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur. (C.E.C. n°958)

Dans l'unique famille de Dieu: "Lorsque la charité mutuelle et la louange unanime de la Très Sainte Trinité nous font communier les uns aux autres, nous tous, fils de Dieu qui ne faisons dans le Christ qu'une seule famille, nous répondons à la vocation profonde de l'Eglise." (L.G. n°51) (C.E.C. n° 959)

"Etre en communion" c'est être dans la lumière de la Vérité:

Ce que nous avons vu, nous vous l'annonçons, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous (les apôtres) et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. (…)

Si nous disons que nous sommes en communion avec Lui et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière…, nous sommes en communion les uns avec les autres et le sang de Jésus nous purifie de tout péché.

(1ère épître de Saint Jean 1; 3, 6-7)

Saint Paul parle de communion dans l'Esprit (aux Philippiens 2,1). Aux mêmes, il écrit: (J'ai voulu) le connaître, lui et la puissance de sa résurrection, (pour) être admis à la communion de ses souffrances en lui devenant conforme dans sa mort, pour parvenir à la résurrection des morts. (3, 10-11)

Aux Corinthiens: Il est fidèle, le Dieu qui vous a appelés à la communion de son Fils Jésus-Christ, notre Seigneur. (1 Co 1, 9).

abbé Christian LAFFARGUE.

nov. 2010

Publié dans Foi

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