Heureux les invités au festin du Royaume ! (verset de l'Alleluia)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 12 octobre 2014

28ème dimanche du Temps de l'Année liturgique - A –

LES TEXTES DE LA MESSE

Heureux les invités au festin du Royaume !

(verset de l'Alleluia)

On pense à la citation de l'Apocalypse de Saint Jean (19, 7), utilisée dans la liturgie de la Messe, lorsque le prêtre élève une hostie au-dessus du ciboire avant la communion des fidèles: Heureux les invités au festin des noces de l'Agneau (ce qui est autre chose que la traduction actuelle: Heureux les invités au repas – lequel ?- du Seigneur).

De repas et de festin, il en est question dans toutes les lectures de ce dimanche, et pour tous : Le Seigneur de l'univers préparera pour tous les peuples un festin de viandes grasses et de vins capiteux (le vin allant toujours avec les viandes d'ailleurs, comme on le lit dans les textes sacrés) (Isaïe 25, 6 – Ière lecture); (si) je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l'abondance. Etre rassasié ou... (Saint Paul aux Phillippiens 4, 12 – IIème lecture). Heureux les invités au festin... (op. cit.); et puis dans l'Evangile, la parabole du festin de noces où les bœufs et les bêtes grasses sont égorgés (Mt 22, 4).

Certes, il s'agit aussi du festin du Royaume, du festin mystique, mais pas seulement. Nous sommes une religion de l'incarnation et non une religion intellectuelle désincarnée, végétarienne, végétalienne (et toutes les autres modes), faussement spirituelle.

Quand Jésus était invité à table (cf Luc 7, 36; 15, 2; par exemple), il ne commençait pas par faire supprimer les viandes et les vins, à fixer un régime, etc. Il prenait avec plaisir ce qui était servi et préparé avec soins. Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n'est à rejeter si on le prend en action de grâces avons-nous lu mercredi dans l'Office des lectures (1 Timothée 4, 3-4). Quand le fils repenti (dit "prodigue") revient, son père fait tuer le veau gras et commande un grand festin (cf Luc 15; 23-24, 32).*

Bien sûr, il s'agit, finalement du seul festin qui rassasie, non le corps qui est toujours en manque et insatisfait (Leur Dieu, c'est leur ventre ! s'exclamera saint Paul à l'adresse des Philippiens; 3, 19), mais l'âme qui ne peut se nourrir que d'un pain venu du ciel (Jn 6, 31), le corps même du Seigneur (Mt 26, 26) qui donne la vie éternelle (Jn 6, 53-56). Et il vaudrait mieux mourir de faim et de soif plutôt que d'être privé ou de se priver longtemps de la nourriture et de la boisson de l'âme !

Nous sommes tous appelés à ce festin. Certains le boudent, car ils sont tellement attachés aux nourritures terrestres, qu'ils n'en veulent pas d'autres. Ils ont étouffé jusqu'à tout désir de l'âme. Ils sont comme des animaux. D'autres méprisent les invitations du Maître: certains ne veulent pas venir (Mt 22, 3); d'autres n'en tiennent aucun compte, l'un va à son champ, l'autre à son commerce (v. 5); d'autres encore se fâchent et se mettent en colère: ils empoignent les serviteurs (les envoyés de Dieu), les maltraitent et les tuent (v. 6) ! Alors, le Seigneur appellera tous ceux qu'il rencontrera aux croisées des chemins, les mauvais comme les bons, et remplira la salle de noces de convives (vv. 9-10). Le tri se fera après. Parce que pour être admis au festin des noces de l'Agneau il faut avoir revêtu le vêtement de noces (vv. 11-12). Et pour ne l'avoir pas fait, pour ne s'être pas purifié (le vêtement blanc en étant le signe), il a été jeté pieds et poings liés dans les ténèbres extérieures; là où sont les pleurs et les grincements de dents (v. 13. Cf aussi la parabole des vierges en Mt 25).

C'est tout à fait terrifiant, avec la leçon: Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus (finale, v. 14).

La porte est vraiment étroite ! (cf Luc 13, 22-30. C'est la réponse de Jésus à la question: Seigneur, n'y aura-t-il qu'un petit nombre de sauvés ?). C'est un mystère, mais c'est à nous de tout faire pour entrer dans le Royaume des cieux, à emprunter fermement le pont, la pâque: la croix rédemptrice du Sauveur. A répondre à l'invitation, à revêtir l'habit de noces, dans le Foi et l'Espérance, se souvenant des paroles du psaume 129 (3-4) :

Si tu retiens les fautes, Seigneur, qui donc subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon (Introït)

Abbé Christian LAFFARGUE.

* sur le vin: Cesse de ne boire que de l'eau, mais prends un peu de vin... 1 Tm 5, 23

(Office des lectures, jeudi de la 27è semaine)

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