Venez à moi, vous tous qui peinez... (Mt 11, 28)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 6 juillet 2014

14ème dimanche du Temps de l'Année liturgique – A –

Venez à moi, vous tous qui peinez...

(Matthieu 11, 28 – Evangile)

... sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. Bien qu'il s'agissait, dans le contexte, du fardeau de la Loi et des préceptes mosaïques, on peut entendre, dans la Loi nouvelle, le fardeau des peines physiques et morales qui peuvent nous accabler. Et la première chose à faire, ce n'est pas de se plaindre (en faisant porter aux autres ses souffrances), de chercher chez les autres réconfort et guérison (même s'il est légitime de le faire), mais de se tourner, d'abord et en premier lieu, vers Dieu qui comprend tout et qui nous aime. La recommandation du Seigneur est claire: il s'agit d'abord, non pas, immédiatement, de chercher à être débarrassé de ses fardeaux, mais de prendre sur nous notre joug – notre ou nos charges – de les accepter, de les offrir à l'image du Christ qui est entré librement dans sa Passion rédemptrice, en devenant ses disciples (v. 29). Alors, son joug – les peines physiques et/ou morales qu'Il permet - sera facile à porter et son fardeau, léger (v. 30). Dans le cas contraire, même avec la foi, nous nous débattons, nous nous faisons mal à nous-mêmes, nous faisons du mal aux autres, nous accusons, nous nous révoltons, nous sommes injustes. Là encore, on voit que la foi, même grande, ne suffit pas, que c'est la charité qui est nécessaire, c'est-à-dire l'amour de Dieu et du prochain, le pardon des injures, l'union à la croix de Jésus.

Et vous trouverez le repos pour votre âme (v. 29, cf. Jérémie 6, 16).

Cette charité, cette union à Dieu, viennent de l'Esprit qui habite en nous (Saint Paul aux chrétiens de Rome, Rm 8, 9 – IIème lecture). Et nos révoltes, notre refus des souffrances –refus absolu dans la société contemporaine-

viennent de ce que nous sommes trop ou totalement sous l'emprise de la chair, alors que nous devrions être sous l'emprise de l'Esprit (v. 8). L'emprise de la chair mène au péché, de l'esprit ou du corps, et à la mort. Physique quand elle est provoquée par l'alcool, le tabac (fumer tue) par exemple, la fornication et les relations homosexuelles par les maladies transmissibles; et morale: le péché mortel, comme il est dit, est mortel. Au début du chapitre, nous lisons : La loi de l'Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus nous libère de la loi du péché et de la mort. Dieu a envoyé son Fils dans une condition charnelle... pour vaincre le péché (vv. 2-3).

Ce qui compte dans l'acceptation des souffrances, du fardeau, c'est l'humilité. Car c'est par orgueil que nous péchons, que nous nous révoltons, que nous versons sur nos plaies le sel de nos plaintes. En devenant les disciples du Christ, notre cœur deviendra semblable au sien, car il est doux et humble de cœur (Mt 11, 30).

Et qu'Il se révèle, qu'Il se donne aux tout-petits et se refuse aux sages – selon le monde– et aux savants (v. 25)

Faisons nôtre la prière de la Collecte :

Ô Dieu qui avez relevé le monde par les abaissements de votre Fils, donnez à vos fidèles une joie sainte: vous les avez tirés de l'esclavage du péché; faites-leur connaître le bonheur impérissable. Par Jésus...

Abbé Christian LAFFARGUE.

Evangile, Mt 11, 25: La traduction liturgique actuelle et la nouvelle traduisent par je proclame ta louange. Les Bibles Osty/Trinquet (synopse), Crampon et de Jérusalem traduisent par Je te bénis.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article