Le vrai trésor, c'est le Royaume des cieux. (Cf. Mt 13, 44)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 27 juillet 2014

17ème dimanche du Temps de l'Année liturgique –A –

LES TEXTES DE LA MESSE

Le vrai trésor, c'est le Royaume des cieux.

(Cf. Mt 13, 44 – Evangile)

Que d'activités – toujours plus nombreuses et prégnantes - , que de dépenses d'énergie, de temps et d'argent pour nos affaires terrestres, qui restent aléatoires et si fragiles ! Rappelons-nous la parabole du semeur, il y a quinze jours: cet homme qui entend bien la Parole (l' enseignement du Christ), mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit (Mt 13, 22; 15èm dim.).

Le vrai trésor, c'est le Royaume de Dieu. D'ailleurs, on appelle bien ces paraboles : "les paraboles du Royaume". Certes, il faut gérer du mieux possible les affaires terrestres, biens corporels et matériels, les activités de notre âme (intellectuelles, culturelles, familiales, religieuses...), mais la finalité, ce n'est pas la terre, c'est le ciel. Cherchez d'abord le Royaume (de Dieu), le reste (ce que vous allez manger et boire, et qui vous rend anxieux) vous sera donné par surcroît (Luc 12; 31, 29-32).

Or, et surtout pendant "les vacances", on s'occupe de mille choses excellentes, mais on sacrifie le temps nécessaire aux relations – primordiales – avec Dieu, à la vie spirituelle de notre âme. La Foi que nous avons nous rassure et... nous illusionne. Car si la Foi ne vit pas par la prière et les sacrements, elle est stérile, elle ne donne pas de fruit. Alors, à quoi sert-elle ? On voit souvent que bien des croyants, et catholiques de surcroît, réagissent aux évènements de leur vie et du monde, d'une façon bien peu surnaturelle, et, justement, comme s'ils n'avaient pas la foi. C'est une indication, une alarme pour l'état de notre vie spirituelle.

Hélas, les relations avec Dieu, la Sainte Vierge et les saints sont vite sacrifiées ! Les prières usuelles sont éteintes par les brumes du matin et par les vapeurs des soirs assoupis; l'angelus a beau sonner trois fois par jour aux clochers des églises, les derniers catholiques ne l'entendent même plus et ne savent d'ailleurs pas le prier (mais se rebiffent quand quelque anti-clérical ou rural-citadin en font interdire la sonnerie par les tribunaux !); la prière du chapelet est rarement terminée et se réduit à quelques dizaines sans méditation des mystères, ou à quelques ave récités rapidement en faisant autre chose.

La Messe du dimanche ? On ne sait pas, le matin, où l'on va aller, ni à quelle heure ! Car la veille, voyez-vous, on a dîné, on a veillé, on s'est couché tard – ou tôt -, on est fatigué. Ce qui fait, que ni habillés, ni rasés pour les hommes, ni préparés en rien, corps et âmes, on débarque indiscrètement et en retard dans le lieu dit "église" pour satisfaire au devoir, qu'on écorne, qu'on écourte. On ne voit ni n'entend bien-sûr (cf. Isaïe 6, 9-10 in Mt 13, 13-15), prêts à lancer critiques et plaintes pour le sermon (qui souvent cible bien ses auditeurs) qui ne peut convenir aux mondains. Sanctification du dimanche..."Le jour du Seigneur est-il le Seigneur des jours ?" (*). Quant à la confession des péchés, on ne se souvient vraiment plus de la date de la dernière; et puis, on ne trouve vraiment pas en quoi on a pu vraiment pécher ! Le brouillard est complet, la lumière divine ne semble même pas pouvoir le percer; c'est un comble !

Le Royaume de Dieu, on le cherche, on le trouve, on le garde comme le trésor caché dans un champ (Mt 13, 44), comme la perle de grande valeur pour laquelle on vend tout ce qu'on possède pour l'acquérir (v. 46); le Royaume de Dieu, on le désire de tout son cœur, de tout son esprit (cf Acte de charité) si l'on aime Dieu. Et tous ces comportements si attristants et déplorables, viennent de ce que Jésus n'est pas aimé plus que tout.

Mon Jésus n'est pas aimé parce que mon Jésus n'est pas connu ! s'exclamait Sainte Thérèse d'Avila.

Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour (Romains 8, 28 – IIème lecture; et nous aurons la suite dimanche prochain).

Là est l'essentiel. Puissions-nous nous exclamer : De quel amour j'aime ta loi, Seigneur ! (refrain du psaume)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(*) Expression d'une homélie du IVème siècle, citée par Saint Jean-Paul II dans Le jour du Seigneur, lettre apostolique du 31 mai 1998, n°2. Il déplorera plus loin que lorsque le dimanche perd son sens originel et se réduit à n'être que "la fin de la semaine" (en français. Ndlr), il peut arriver que l'homme, même en habit de fête*, devienne incapable de faire une fête, parce qu'il reste enfermé dans un horizon si réduit qu'il ne peut voir le ciel. (n° 4)

* habits de fête : peut-être encore dans certains pays arriérés, mais en Europe occidentale, on aperçoit plutôt des haillons que des habits, qui ne recouvrent plus rien. Ndlr.

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