Le bon grain et l'ivraie, le grain de sénevé (Mt 13, 24-43)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 20 juillet 2014

16ème dimanche du Temps de l'Année liturgique -A-

LES TEXTES DE LA MESSE

Les paraboles du bon grain et de l'ivraie, du grain de sénevé et du levain.

(Matthieu 13, 24-43 – Evangile)

Ce sont toujours "les paraboles du Royaume", après celle du semeur que nous avons méditée dimanche dernier. Là encore, le Seigneur Lui-même en donne l'interprétation, à la demande des disciples.

Le Fils de l'homme, Jésus Lui-même, sème le bon grain, de la Parole, dans le monde (Mon serviteur annoncera la vérité aux nations, Mt 12, 18). La bonne semence ce sont les fils du Royaume, qui, déjà ensemencés par la Vérité et la grâce (la vie divine), sont chargés d'Evangéliser à leur tour. Mais les fils du Mauvais, l'ivraie, semence du démon, agissent à l'opposé (Mt 13, 37-38). Ils ont le diable pour Père (Jean 8, 44), ce sont les enfants du diable (1 Jn 3, 10). Le Seigneur ne fait pas de sélection préalable, de "discrimination" (mot à la mode, chacun se sentant "discriminé" pour tout !), car en attendant, en suspendant sa justice, il laisse sa miséricorde ouverte à la conversion. Jusqu'au dernier souffle, quelqu'un peut se convertir, revenir à Dieu. Mais le moment viendra de rendre compte et de rendre des comptes de ses actes au jour du jugement.

La moisson aura lieu (après le jugement particulier de l'âme, lorsqu'elle quitte le corps: mort réelle, où son sort est scellé: enfer, purgatoire ou ciel. Cf Catéchisme, nn. 1021-1041) à la fin du monde. Seront mis "hors du Royaume" tous les fauteurs de scandale et ceux qui pratiquent l'iniquité (trad. Osty/Trinquet) et ils (les anges) les jetteront dans la fournaise (ardente, de feu ajoutent les bibles de Jérusalem, Crampon, Osty): là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père (vv 41-43).

La semence doit d'abord être enfouie, cachée, avant de laisser naître la plante qu'elle possède en germe. Dans un milieu favorable (humide en l'occurrence), abritée et protégée des intempéries, elle deviendra une plante qui s'épanouira à l'air libre, selon la météorologie et le soin qu'on aura pris d'elle. Elle grandira et pourra porter des fruits ou arriver à maturité pour embellir le milieu où elle est. C'est avec soin que le Seigneur prend l'exemple de la graine de sénevé, la plus petite de toutes les semences, mais quand elle a poussé, elle devient la plus grande de toutes (Mt 13, 32). Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus – née dans le diocèse de Séez, à Alençon – écrivait à sa Mère prieure, au carmel de Lisieux: Je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle (...). Pour cela je n'ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite... (Manuscrits autobiographiques)

C'est l'Esprit Saint qui vient au secours de notre faiblesse, même pour prier comme il faut (Romains 8, 26 – IIème lecture), mais une faiblesse reconnue, acceptée, tournée vers la force de Dieu. Je puis tout en Celui qui me fortifie (Philippiens 4, 13) car Dieu a choisi ce que le monde tient pour faible, qui est sans considération et qu'on méprise, pour confondre les forts (1 Cor 1, 24-27).

Car les puissants de ce monde confondent puissance (économique, militaire) et force. Rien ne manifeste autant de faiblesse que l'usage de moyens puissants, disproportionnés, pour réduire les plus faibles. Et ceux qui agissent avec aussi peu de sagesse, sont abusés par leur orgueil. Ils seront vite vaincus et humiliés. Admirable leçon du livre de la Sagesse: Ta force est l'origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te permet d'épargner toute chose. (...) Toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement. Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain; à tes fils tu as donné une belle espérance: après la faute, tu accordes la conversion. (Sg 12; 16, 18-19 – Ière lecture).

Tu es béni, Dieu notre Père, Seigneur de l'univers, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume !

(verset de l'Alleluia)

Abbé Christian LAFFARGUE.

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