La porte, les brebis et la vie (Cf. Jn 10) 4ème de Pâques

Publié le par Abbé Laffargue

Bulletin dominical du 11 mai 2014

4ème dimanche de Pâques – A –

Temps pascal – Mois de Marie.

LES TEXTES DE LA MESSE

La porte, les brebis et la vie

(Cf. Jn 10, 1-10)

Dans l'allégorie du bon berger, du bon pasteur - en Saint Jean - Jésus continue de révéler Sa divinité.

On n'entre pas dans l'enclos des brebis par effraction, par subterfuge et tromperie, comme les voleurs et les bandits, mais par la porte, comme le vrai, le bon pasteur (Jean 10, 1-2 – Evangile). On sent une connivence, une amitié (quand les brebis sont des personnes), qui font que les brebis reconnaissent celui qui les aime. Voilà pourquoi on lui ouvre la porte quand il se présente et qu'on écoute sa voix parce qu'on la reconnaît. On reconnaît la voix de celui qui aime, qui veut le bien de ceux auxquels il s'adresse (l'amour de bienveillance et non de concupiscence). On le suit parce qu'on sait qu'il nous mène sur les chemins du Ciel ("Montre-moi le chemin d'Ars, je te montrerai le chemin du Ciel" dit l'abbé Jean-Marie Vianney, perdu dans le brouillard, au petit Antoine Givre). Il marche devant elles, et les brebis le suivent (v. 4). Le bon pasteur ne marche pas à reculons, ne fait pas de réunions où chacun dira où il veut aller; lui, sait où il faut aller, par quels chemins, comment il faut éviter ou vaincre le danger et les pièges des faux pasteurs, des mercenaires, des étrangers. C'est le guide de montagne, sûr et expérimenté. Le guide, le bon pasteur, marche devant, il conduit le troupeau, il fait en sorte que toutes les brebis suivent. Quelquefois il ralentit, quelquefois il presse la marche, quelquefois il s'arrête pour qu'elles se reposent. Il a été choisi pour cela, et il a été envoyé, comme le Christ, le bon pasteur, a été envoyé par le Père pour sauver et ramener les égarés. Il est bien dommage que ce beau passage n'ait pas été donné intégralement, diminué de moitié (versets 11 à 16, au moins), et reporté au lendemain, lundi. C'est là où le Christ se révèle: Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui livre sa vie pour ses brebis (v. 11). Avec le souci de les sauver toutes: J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de ce bercail; celles-là aussi, il faut que je les conduise..., et il n'y aura plus qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur (v. 16).

Il y a le et les bons pasteurs qui, à la suite du Sauveur, conduisent les brebis vers le Ciel, contre vents et marées; il y a les mauvais pasteurs qui les entraînent vers l'abîme, soit volontairement soit par ignorance (eux-mêmes ne savent pas où ils vont) ou par incompétence; il y a ceux qui ne conduisent rien du tout, qui font du sur place, qui dissertent, qui discutent, qui écoutent les avis les plus divergents, qui répugnent à conduire, ne voulant pas être des chefs (pourtant désignés), et remplir leur fonction d'autorité (finalement, ce sont les brebis les plus indociles et les plus rebelles qui font la loi sur tout un troupeau captif. Elles ne veulent ni mourir – au moins à elles-mêmes -, ni obéir, mais régenter et imposer des vues personnelles).

Il est ressuscité, Jésus, le vrai pasteur, lui qui a donné sa vie pour son troupeau, lui qui a choisi de mourir pour nous sauver, alleluia (prière de communion).

Les brebis, rachetées par le sang de l'Agneau innocent, sont appelées à mourir à leurs péchés pour vivre dans la justice (=dans la grâce de Dieu), car dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix (1 Pierre 2, 24 - IIème lecture). Pour suivre l'Agneau, il faut Le reconnaître comme notre berger, le bon berger; il faut accepter de Le suivre partout où il va (Apoc. 14, 4), dans l'humilité nécessaire à l'obéissance.

De la mort, Il nous mène à la Vie; du vendredi-saint au dimanche de Pâques :

Moi, je suis venu, pour que les brebis aient la vie, et la vie en abondance (Jn 10, 10; fin de l'évangile d'aujourd'hui).

Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien... Il me conduit par le juste chemin (Psaume 22)

Abbé Christian LAFFARGUE.

N.B.: Il est regrettable que la nouvelle traduction liturgique n'ait pas rétabli le mot vérité, dans "en vérité, en vérité, je vous le dis" (Jn 10, 1 et 7) qui était traduit ainsi dans toutes les traductions, au lieu du amen, amen... des années 70

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