L'Esprit demeure en vous. (Jn 14, 17) 6ème de Pâques

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 25 mai 2014

6ème dimanche de Pâques – A – Temps pascal – Mois de Marie

LES TEXTES DE LA MESSE

L'Esprit demeure en vous.

(Jean 14, 17 – Evangile)

Nous poursuivons la lecture et la méditation de l'Evangile de saint Jean en son chapitre 14 où Jésus prépare ses apôtres à son départ tout proche, à sa Passion et à sa mort, mais nous prépare aussi, en ce Temps pascal, à l'Ascension et à la Pentecôte. Il annonce la venue du Défenseur (Paraclet, en grec, qui signifie aussi: intercesseur, consolateur) qui sera pour toujours avec vous (v. 16). Le monde ne peut Le recevoir car il ne le voit pas et ne le connaît pas. Ce qui veut dire: parce qu'il ne veut ni Le voir, ni Le connaître. Les gens de ce monde, tout en voyant, ne voient pas, et tout en attendant, n'entendent ni ne comprennent (Mt 13, 13-14 + Isaïe 6, 9-10; Mc 4, 13-20; Lc 8, 12-16). Mais vous – qui avez cherché et reconnu Celui qui S'est dit la Lumière du monde (Jn 9, 5 à compléter par Jn 8, 12 et Jn 12, 46) – vous Le connaissez, car Il demeure auprès de vous, et Il sera en vous (par la foi et la grâce) (Jn 14, 17). Comme nous l'écrivions et le disions dimanche dernier: c'est beau, attirant et consolant !

Il part, il revient, on ne le verra plus, mais on le verra quand même ! On ne Le verra plus par les sens (Le monde ne me verra plus. Cf aussi Jn 16, 16), mais on Le verra par la Foi (quand Marie-Madeleine, les pèlerins d'Emmaüs, les apôtres le virent ressuscité le dimanche de Pâques, ils ne cherchèrent plus à "le voir, le toucher" car Il était en eux et ils en furent tout joyeux), mieux, on Le verra vivant, ressuscité, toujours incarné, mais d'une autre manière, plus certaine et plus sûre. Et vous vivrez aussi (Jn 14, 19). Il continuera, en nous, de communiquer Sa vie. Celui qui me mange vivra, lui aussi, par moi. Tel est le pain descendu du ciel... (Jn 6, 57-58)

Le Christ rappelle l'obéissance, la fidélité, aux commandements de Dieu: Celui qui reçoit (reconnaît et accepte) mes commandements et les garde, c'est celui-là qui m'aime... Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole... (Jn 14; 21, 23). Il n'est pas venu abolir mais accomplir la loi (Mt 5, 17). La Foi et l'amour (de charité).

Jésus insiste sur l'amour, condition de la présence, non hors de l'âme, mais dans l'âme (l'union à Dieu par la grâce) : Celui qui m'aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui (Jn 14, 21)

L'extrait retenu par l'Eglise en ce dimanche ne donne pas le verset 23 (en réponse à une question de Judas, non l'Iscariote qui trahit Jésus, mais de Jude, fils ou frère de Jacques, cf. Lc 6, 16) : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons vers lui, et nous ferons chez lui notre demeure. En ajoutant que pour entrer dans ce si grand mystère, le Paraclet, l'Esprit, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (v. 26).

C'est le sacrement de baptême qui nous incorpore au corps du Christ qui est l'Eglise et qui nous donne la grâce, la vie divine. C'est la naissance spirituelle (la date de notre baptême est aussi et même plus importante que la date de notre naissance, et c'est elle qui doit être inscrite sur la médaille religieuse offerte à ce moment-là). (Les Samaritains) étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus (pour le distinguer de celui de Jean). Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit (Actes des apôtres 8, 16-17 – Ière lecture). C'est le sacrement de confirmation qui apporte croissance et approfondissement à la grâce baptismale qui nous enracine plus profondément dans la filiation divine, qui nous unit plus profondément au Christ, qui augmente en nous les dons de l'Esprit Saint, qui rend notre lien avec l'Eglise plus parfait, qui nous accorde une force spéciale de l'Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l'action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne pas éprouver de la honte à l'égard de la Croix. Nous rappelons ici le Catéchisme (n°1303), tant les préparations et les cérémonies de Confirmations ne le font pas et noient les confirmands dans un discours religieusement bien-pensant, vague et pacifiste !

Puissions-nous vivre ardemment de ces mystères, avec zèle et persévérance, douceur et respect (1 P 3, 16 – IIème lecture), et que la vie divine ne soit pas en nous une flamme vacillante, mais un feu dévorant (He 12, 29) !

Abbé Christian LAFFARGUE.

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