"Faut-il s'endimancher ?" - La tenue vestimentaire.

Publié le par Abbé C. Laffargue

Faut-il s'endimancher ?

C'est le titre d'un billet de Gabrielle Cluzel (auteur de Méfiez-vous de la France bien élevée, éd. Mordicus) dont j'extrais quelques passages:

" S'habiller est démodé. Votre ouverture d'esprit est proportionnelle à celle de votre col. Cravate trop serrée, cerveau étriqué ! Négligé n'est plus synonyme de pauvreté, mais de Je-prends-des-airs-dégagés-pour-ne-pas-avoir-l'air-coincé. Il y a ensuite la flemme: si en plus, le dimanche, il faut se forcer ! Pour une fois que l'on peut rester dans son jus. (...)

L'habit ne fait pas le moine*.Ce qui compte, c'est que l'âme ait ses plus beaux atours. Et c'est vrai. Sauf que l'homme est l'union d'une âme... et d'un corps, qui, sur le même tandem, devraient, pour avancer, pédaler dans le même sens: quand l'une éprouve du respect, l'autre l'exprime. (...)

In Famille chrétienne du 31 mai au 6 juin, p. 58

* "mais il y contribue" précise le dicton. Ndlr.

En lisant ces lignes et en voyant les tenues vestimentaires d'une certaine catégorie de catholiques pratiquants, le dimanche surtout*, j'ai relu ce que l'écrivain et nouvel académicien Alain Finkielkraut, écrivait – avec quelle intelligence et quelle plume ! - dans L'identité malheureuse à propos des bobos ("bourgeois bohêmes"):

"Comme son nom l'indique, celui-ci n'est pas né de rien, mais du croisement entre l'aspiration bourgeoise à une vie confortable et l'abandon bohème des exigences du devoir pour les élans du désir, de la durée pour l'intensité, des tenues et des postures rigides, enfin, pour une décontraction ostentatoire.

Le bobo veut jouer sur les deux tableaux: être pleinement adulte et prolonger son adolescence à n'en plus finir. Cet hybride que notre génération a produit témoigne de la libération des mœurs et d'une manière d'habiter le temps différente de celle de nos pères. Le phénomène n'est pas anodin. On aurait tort de le prendre à la légère." (éd. Stock, 2013, pp. 13-14)

Cf aussi le jeune jaloux de son idiome, de sa musique, de ses choix vestimentaires, p. 48. La galanterie de l'homme envers la femme (cf David Hume), pp. 56-65. Sur le livre et l'écran: p. 139; le politiquement correct: p. 180 et sq.

* Tenue vestimentaire (l'uniforme uni-sexe du blue-jean américain) qui va avec la tenue à la messe: jambes croisées comme dans un salon (et encore !), ou même complètement étendues; chaussures (enfin, chaussures...!) sur les agenouilloirs (s'il en reste !); mains dans les poches. Dans le langage on affectera l'usage récent de machin (quand on affecte de ne pas savoir nommer quelque chose), sans parler des déjà vieux: génial, super-sympa, okay-d'accord, etc.

Ab. L.

(Bulletin dominical du 1er juin 2014)ut

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