Des ténèbres à la lumière. (cf. 1 P 2, 9 – IIème lecture)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 18 mai 2014 Temps pascal – Mois de Marie.

5ème dimanche de Pâques – A -

LES TEXTES DE LA MESSE

Des ténèbres à la lumière.

(cf. 1 P 2, 9 – IIème lecture)

C'est l'apôtre Pierre qui demande aux nouveaux chrétiens d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Des ténèbres du Vendredi-saint (ténèbres de l'ignorance, de l'erreur, du péché) à la lumière de Pâques, celle de la Résurrection du Christ qui les a vaincues et confondues.

Au temps liturgique pascal, nous devons nous efforcer de rester dans cette lumière qui nourrit la joie, même si nous souffrons; mais depuis le Christ, cette souffrance même est une pâque.

Et Saint Pierre a ces paroles stupéfiantes: Mais vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut (1). Ce sacerdoce royal est "le sacerdoce commun des fidèles" comme participation au sacerdoce du Christ par le baptême (Cf Catéchisme, n° 1268 qui cite le texte d'aujourd'hui), à ne pas confondre avec "le sacerdoce ministériel" où le prêtre, qui a reçu le sacrement de l'Ordre, est configuré au Christ-prêtre par le caractère qui marque son âme d'un sceau indélébile (n°1563). C'est ainsi que dans les sacrements, à la Messe en particulier, le prêtre "agit in persona Christi capitis", dans la personne même du Christ-Tête (Catéchisme n° 1548) (2).

Les baptisés (dont l'âme a été marquée aussi par le caractère ou sceau baptismal) deviennent membres du corps mystique du Christ, pierres vivantes destinées à construire le Temple spirituel à la suite du Christ, et en Lui, pierre vivante choisie et précieuse devant Dieu (1 P 2, 4-5 dans la nouvelle traduction liturgique).

Quelle belle responsabilité !

Quant aux diacres, dont les Actes des apôtres indiquent leur création (Ac 6, 1-6 – Ière lecture), ils ont été institués pour servir aux tables, assumer des tâches pratiques (dont la distribution de nourriture aux pauvres et aux veuves) car les apôtres étaient obligés de délaisser la parole de Dieu. Ils désiraient rester assidus à la prière et au ministère de la Parole (vv. 2-4). C'est l'imposition des mains qui les institua diacres.

Après le Concile Vatican II, l'Eglise latine a rétabli le diaconat (que les Eglises d'Orient avaient toujours maintenu). Le Catéchisme précise leur fonction: Ils assistent l'évêque et les prêtres dans la célébration des divins mystères, surtout de l'Eucharistie, de la distribuer, d'assister au mariage et de le bénir, de proclamer l'Evangile et de prêcher, de présider aux funérailles et de se consacrer aux divers services de la charité (n°1570).

Il faut distinguer les diacres en vue du sacerdoce et les diacres permanents "auxquels on a imposé les mains non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du service" et qui donc peuvent être mariés (n°1569 et 1571). Il faut ajouter que c'est à l'ordination diaconale qu'est reçue le caractère sacerdotal, d'où l'éminente dignité des diacres.

Dans ses dernières instructions, le Jeudi-saint, le Christ se révèle comme le Chemin, la Vérité et la Vie et que nul ne va vers le Père sans passer par moi (Jean 14, 6 – Evangile). Voilà qui est clair et absolu !

Il n'a pas dit "un chemin", "une vérité parmi d'autres" tout aussi acceptables et laissées à notre libre choix !

Il est bien la porte des brebis... Si quelqu'un entre en passant par moi il sera sauvé... Je suis venu pour que les brebis aient la vie et la vie en abondance (Jn 10; 7, 9, 10 – Evangile du 4ème dimanche de Pâques-A).

La prière après la communion rappelle aussi une autre comparaison que prit le Seigneur: Je suis la vraie vigne, et vous, les sarments... Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit

(Jn 15, 5).

Il est venu révéler le Père à travers Lui: Celui qui m'a vu a vu le Père... Je suis dans le Père et le Père est en moi... Le Père qui demeure en moi accomplit ses propres œuvres (Jn 14, 9-11).

La vie que nous a rendue le Christ nous mène à notre Père dans la Lumière de l'Amour...

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Destiné au salut (1 P 2, 9). Autre traduction: un peuple que Dieu s'est acquis (Crampon, avec la note sur race élue, nation sainte, peuple acquis)

(2) Cf aussi Jean-Paul II, enc. L'Eglise vit de l'Eucharistie (Jeudi-saint 2003), nn. 29, 32 et 52 où le saint pape dissipe les confusions entre "les deux sacerdoces" et condamne clairement les abus. Il rappelle que quelqu'un qui a commis un péché mortel ne peut communier s'il ne s'est pas confessé (n° 36).

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