"Je vais ouvrir vos tombeaux…" (Ez. 37, 12) 5ème du Carême

Publié le par Abbé Laffargue

Bulletin dominical du 6 avril 2014

5ème dimanche de Carême – A –

La résurrection de Lazare

LES TEXTES DE LA MESSE

Je vais ouvrir vos tombeaux

.. et je vous en ferai sortir écrit le prophète Ezéchiel (37, 12 – Ière lecture). Certes, à la résurrection des morts (1), mais nous sommes appelés à sortir du tombeau où nous plongent et nous enferment nos péchés. Et ce repos que Dieu nous donnera (v. 14), c'est la grâce, l'état de grâce (2), la vie divine. C'est tout l'enjeu et le but du carême.

Parce que Dieu nous aime et qu'Il le manifeste avec éclat en son Fils Jésus, le Christ. Il est cet homme plein d'humanité qui a pleuré son ami Lazare; il est Dieu, le Dieu éternel qui fit sortir le mort de son tombeau : ainsi, dans sa tendresse pour tous les hommes, il nous conduit, par les mystères de sa Pâque, jusqu'à la vie nouvelle. (Préface propre de la Messe)

Quand nous L'appelons, nous reconnaissant malades (Jean 11, 3 – Evangile), Jésus ne répond pas. Il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait (v. 6), paraissant indifférent, laissant le mal qui ne conduit pas à la mort mais qui est pour la gloire de Dieu (qui la manifestera au contraire) empirer. Marthe, puis Marie (Jn 11, 32) le lui reprocheront : Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort (v. 21). Cependant Marthe garde la foi: Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera (v. 22).

D'où venait la mort de l'âme ? De l'absence de la foi. D'où venait la mort du corps ? De l'absence de l'âme. La foi est donc l'âme, la vie de notre âme (Saint Augustin. Office des lectures).

Comme Il avait dit: Je suis la Lumière du monde (Jean 9, 5) et qui me suit a la lumière de vie (8, 12) et ne reste pas dans les ténèbres (12, 46), Il affirme ici: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra (11, 25). Oui, Seigneur, je le crois: tu es le Christ, le Fils de Dieu (v. 27).

Les pleurs et les reproches de Marie bouleverseront Jésus en son humanité (v. 33).

Saint Cyrille d'Alexandrie fait ce commentaire: Parce que le Christ n'était pas seulement Dieu par nature, mais qu'il était homme aussi, le voici souffrant une faiblesse humaine. Quand la douleur, en effet, commença de l'émouvoir, et que dans sa sainte chair des larmes vinrent à ses yeux, il ne les laissa pas simplement couler, comme nous faisons, mais il "frémit en l'Esprit", ce qui veut dire: sous la motion de l'Esprit, il réprima la tendance de sa chair; alors celle-ci, ne supportant pas l'action puissante de la nature divine qui lui était unie, trembla, bouleversée, redoublant son deuil. (Patrologie grecque 74, 52-53)

Nos pénitences ont pour but de nous libérer de l'emprise de la chair qui ne peut plaire à Dieu, pour nous mettre sous l'emprise de l'Esprit qui habite en nous par la grâce. L'Esprit est alors notre vie.

(Romains 8, 8-9 – IIème lecture)

Auprès du Seigneur est la grâce, la pleine délivrance (refrain du psaume 129)

Tu es la Résurrection, tu es la Vie, Seigneur Jésus ! Celui qui croit en toi ne mourra jamais.

(Acclamation de l'Evangile)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) Cf le Catéchisme de l'Eglise Catholique aux n°366, élément essentiel de la foi chrétienne (n°991) avec citation de

1 Cor 15, 12-14 et 20. (2) C.E.C. nn. 1310, 1319, 1415, 1861.

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