5ème dim.: "Vous êtes le sel de la terre." (Mat. 5, 13)

Publié le par abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 9 février 2014

5ème dimanche du Temps de l'Année – A

LES TEXTES DE LA MESSE

Vous êtes le sel de la terre.

(Matthieu 5, 13 – Evangile)

Ces paroles sont placées par Saint Matthieu après le Sermon sur la montagne où Jésus donne les Béatitudes. Vous êtes la lumière du monde poursuit-il (v. 14). Quelle responsabilité ! La lumière de la connaissance (la Foi) nous est donnée comme une grâce. Il ne s'agit pas d'un prestige d'un langage ou d'une sagesse humains mais divins, surnaturels, fruits de la puissance de Dieu (1 Corinthiens 2; 1, 4 – 2ème lecture).

Ce n'est pas la puissance d'un verbe, d'un discours, habile et séduisant qui est utilisé, comme celui des politiques et des partis, mais le fruit d'une faiblesse transformée en force par la grâce de Dieu: C'est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant que je me suis présenté à vous écrit Saint Paul (v. 3).

Un peu avant, il avait écrit: Dieu a choisi ce qui est faible dans le monde pour confondre ce qui est fort (1 Cor 1, 27). Dans la deuxième lettre, il écrira: La puissance – de Dieu – se déploie dans la faiblesse humaine (2 Cor 12, 9-10). On connaît la force, l'efficacité de la prière persévérante et confiante !

Même si nous sommes parfois tentés de remporter des victoires par le nombre et par la force (nous pensons à toutes ces manifestations pour la vie et pour la famille), c'est la joie, la paix, la démonstration pacifique et tranquille des foules de tous âges, milieux, et croyances, qui peuvent faire reculer les puissances du Mal, les gouvernements malfaisants et destructeurs: de la nature humaine créée par Dieu, de notre identité chrétienne fécondée au cous des siècles par tant de saints, de martyrs et d'interventions divines ! Qu'on songe au roi Saint Louis, à Sainte Jeanne d'Arc, aux apparitions fréquentes de la Sainte Vierge à Lourdes, à La Salette, à Pontmain, etc.; de Saint Joseph à Cotignac et au Laus (Saint Etienne-le-Laus dans les Hautes-Alpes)…

Notre étendard, notre bannière, c'est la croix: Je n'ai rien voulu connaître d'autre que Jésus-Christ, ce Messie crucifié ((1 Cor 2, 2). Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes (1, 22-23). Cela veut dire que nous acceptons d'être pauvres de moyens humains et matériels, d'être même, divisés, incompris, abandonnés de beaucoup de nos pasteurs (qui devraient guider, mener et éclairer les brebis qui leur ont été confiées – ah! Les épiscopes peureux et tremblants, n'ayant vraiment rien compris de rien !), pour tout offrir à Celui qui S'est offert Lui-même pour nous sauver !

Si l'une des deux prières après la communion cite la troisième et la quatrième béatitude, nous aimerions plutôt citer la première et la deuxième: Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! et Heureux les doux, car ils hériteront de la terre ! (Mt 5, 3-4)

L'humilité, la pauvreté de cœur nous tournent naturellement vers les autres et vers ceux qui, aussi, sont pauvres.

Celui qui a faim, qui est sans abri, qui est nu (Isaïe 58, 7 – Ière lecture). Si tu exclus le geste de menace et les propos impies…, ta lumière se lèvera dans les ténèbres (de l'égoïsme, du matérialisme et de l'orgueil) et ton obscurité deviendra comme la lumière de midi (vv. 9-10). Ce n'est qu'alors, et à ces conditions, que si tu appelles, Dieu répondra; si tu cries, Il dira: Me voici. (v. 9).

Dans la nuit de ce monde, brille la lumière du juste.

(Refrain du psaume)

Abbé Christian LAFFARGUE.

Le sel de la terre (Flammarion/Cerf, éd., 1997) et Lumière du monde (Bayard, éd.2011) sont deux livres d'entretiens du Cardinal Ratzinger devenu Pape Benoît XVI qui éclairent merveilleusement cette interpellation du Seigneur Jésus !

Nous y reviendrons si vous le voulez bien.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article