"Le Seigneur est ma lumière et mon salut…" (Ps. 26,1)

Publié le par abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 26 janvier 2014

3ème dimanche du Temps de l'Année – A

Journée mondiale des lépreux

LES TEXTES DE LA MESSE

Le Seigneur est ma lumière et mon salut

(Psaume de la Messe: 26,1)

… de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ? poursuit le psalmiste. C'est réconfortant. Du moins si on connaît ou reconnaît "le Seigneur" (Dieu révélé par son Fils Jésus, Dieu en Jésus de Nazareth) et si on Le prend comme le rempart de sa vie.

Il est d'abord la lumière. C'est Jean-Baptiste, maintenant emprisonné (cf le début de l'Evangile de ce dimanche),

qui était venu comme témoin pour rendre témoignage à la lumière (Jean 1, 7-8).

Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée (Mt 4, 16; cf. Isaïe 8, 23 et 9,1 qui ajoute: Tu as prodigué l'allégresse et fais grandir la joie - Ière lecture).

Les ténèbres, ce sont d'abord celles qui sont dans l'intelligence. La Foi donne la lumière surnaturelle, qui elle-même éclaire les puissances naturelles: la mémoire, l'intelligence et la volonté. L'absence ou la faiblesse de Foi, vertu surnaturelle, fait qu'on ne voit pas, qu'on n'entend pas, que le trouble règne dans l'âme, angoissée dans sa nuit. D'où une société dépressive (titre d'un livre de Mgr Tony Anatrella, éd. Flammarion, 1993) qui génère une culture de mort (cf Jean-Paul II, enc. L'Evangile de la vie, 1995, nn° 21, 82, 95).*

Les ténèbres, c'est l'état de l'âme coupée de la grâce divine ou sanctifiante (cf à cette expression la table analytique du Catéchisme de l'Eglise Catholique). La lumière de la Foi peut rester encore (mais elle est en danger), mais la flamme de l'amour de Charité envers Dieu (et donc envers le prochain) s'est éteinte (par le péché grave dit, à juste titre, mortel).

La lumière qui se lève du royaume de la mort, c'est celle du Sauveur. C'est une grande espérance, un grand réconfort qui nous assure qu'il y a une solution à nos maux, un remède à nos péchés, quelqu'un capable de guérir notre âme, de la relever, de la sauver

C'est tout au début de son ministère public que le Seigneur "annonce la couleur" et manifeste clairement pourquoi Il est venu: Convertissez-vous (Repentez-vous traduisent les bibles Osty/Trinquet et Crampon), car le royaume des cieux est tout proche (Mt 4, 17 et Mc 1, 15).

C'est après que Jésus appelle les quatre premiers disciples: Simon-Pierre et André son frère; Jacques et Jean, frères aussi, fils de Zébédée. Le mandat, la mission sont déjà clairs. Ils ne sont pas appelés seulement pour "parler spiritualité" à des âmes aimant s'entretenir de leur sentiment religieux, sans jamais aborder, de près ou de loin, le salut, c'est-à-dire la conversion de cette même âme. A prononcer souvent les mots amour sans en préciser le contenu, et les mots pardon ou miséricorde sans préciser sur quelle matière (les péchés, véniels ou mortels) ils peuvent s'exercer !

Le promptitude de la réponse des appelés est édifiante. Et ailleurs, le Seigneur ne cache pas les exigences de la vocation apostolique et dira à ceux qui donnent des raisons pourtant légitimes de différer leur venue (enterrer son père, dire au revoir à sa famille) : Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu (Luc 9, 62). Sachant que si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à lui-même et prenne sa croix (Mt 16, 24 – Mc 8, 34 et Lc 9, 23. Etc.). C'est cette lumière qu'il faut suivre, pas une autre.

Je suis la lumière du monde, dit le Seigneur, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres: il aura la lumière de la vie (Jean 8, 12 – Antienne de communion)

Abbé Christian LAFFARGUE.

* L'Evangile de la vie (Jean-Paul II). En relisant quelques passages de cette admirable encyclique, on constate, qu'en France, par le président et la majorité parlementaire que les français ont élus ou laissés élire, on est arrivé à ce que le Pape annonçait et condamnait : "On affirme solennellement les droits de l'homme, d'une part, et, en pratique on les nie tragiquement. Les racines de cette contradiction se trouvent dans une conception de la liberté qui exalte de manière absolue l'individu. Elle finit par être la liberté des plus forts s'exerçant contre les faibles près de succomber "(…)

"La liberté se renie elle-même, se détruit et se prépare à l'élimination de l'autre quand elle ne reconnaît plus et ne respecte plus son lien constitutif avec la vérité" (…) (n°19)

Les votations démocratiques au niveau de l'Etat: "Le droit à la vie originel et inaliénable est discuté ou dénié en se fondant sur un vote parlementaire ou sur la volonté d'une partie – qui peut même être la majorité – de la population (…)

Ainsi la démocratie, en dépit de ses principes, s'achemine vers un totalitarisme caractérisé. L'Etat (…) se transforme en Etat tyran qui prétend pouvoir disposer de la vie des plus faibles et des êtres sans défense, depuis l'enfant non encore né jusqu'au vieillard, au nom d'une utilité publique qui n'est rien d'autre, en réalité, que l'intérêt de quelques uns." (…)

"Revendiquer le droit à l'avortement, à l'infanticide, à l'euthanasie, à le reconnaître légalement, cela revient à attribuer à la liberté humaine un sens pervers et injuste, celui d'un pouvoir absolu sur les autres et contre les autres. Mais c'est la mort de la vraie liberté: En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave du péché (Jn 8, 34)" (n° 20). C'est écrit par le saint Pape en 1995 ! (N.B.: C'est nous qui avons souligné ou mis en gras). Remarquons que la traduction officielle française traduit bien les paroles du Christ en saint Jean par En vérité, en vérité, et non par l'abusif Amen, amen qui fait disparaître et le mot, et son sens.

Cf aussi l'encyclique du Bx Jean-Paul II Veritatis splendor (1993) sur l'enseignement moral de l'Eglise. Ab. L.

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