Celui-ci est mon Fils bien-aimé… (Matthieu 3, 17)

Publié le par abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 12 janvier 2014

Fête du Baptême du Seigneur (A)

Temps de Noël/Epiphanie

LES TEXTES DE LA MESSE

Celui-ci est mon Fils bien-aimé

(Matthieu 3, 17 – Evangile)

en qui je me complais ! (1) dit la voix du Ciel en même temps qu'on vit l'esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur Jésus. C'est la manifestation même et la révélation de la Sainte Trinité: la voix du Père; Jésus, le Fils; la colombe, image du Saint-Esprit. Quel beau tableau (dont les représentations dans l'art chrétien sont nombreuses) !

Le baptême de notre Seigneur dans les eaux du Jourdain par Saint Jean-Baptiste est l'une des trois épiphanies (manifestation) de Dieu (qui atteste que Jésus est bien Son Fils) avec la venue des rois mages auprès de l'Enfant - qu'ils ont reconnu comme leur roi et le Dieu dont ils cherchaient la lumière - et avec le premier miracle de Jésus à Cana en Galilée (cf les antiennes du Benedictus et du Magnificat dans l'Office de l'Epiphanie du 6 janvier). Jean-Baptiste avait désigné son cousin Jésus comme l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (Jean 1, 29). Il annonce maintenant un nouveau baptême, le baptême de la nouvelle Alliance, dans l'eau et dans l'Esprit (Marc 1, 8), ajoutant et le feu (en Mt 3, 11 et Lc 3, 16).

Jean, le cousin de Jésus, a l'humilité de ceux que le Christ a choisis pour accomplir son œuvre, et il veut s'humilier devant Lui (cf. Mt 3, 14). On se souvient de la même réaction de Pierre, au lavement des pieds le Jeudi-saint (cf. Jn 13, 6-9). C'est l'attitude quoi nous est demandée.

Jésus est l'Agneau de Dieu, l'hostie immaculée (cf le canon romain de la Messe), Il est sans péché, pur et saint, mais pour assumer la condition humaine, il se soumet volontairement à ce baptême de pénitence pour nous montrer l'exemple. Les sacrements reçus ne sont efficaces, fructueux, que s'ils sont reçus validement dans une âme pure, aimante, humble. Voilà pourquoi, chez beaucoup de chrétiens, on n'en voit guère de traces, ni d'effets !

Ce que les rois d'Orient annonçaient en reconnaissant l'enfant Jésus comme le roi et le dieu qu'ils cherchaient, c'est l'universalité du Salut que l'Agneau allait offrir à toutes les nations païennes en mourant sur la croix.

La deuxième lecture (Actes des Apôtres 10, 34-38), si elle fait allusion au baptême proclamé par Jean (v. 37) s'arrête au seuil du passage qui correspond à ce que nous célébrons aujourd'hui: la venue de l'Esprit sur les non-juifs et leur baptême (Ac 10, 44-48) et à la nécessité de la foi pour le pardon de ses péchés (v. 43). (2)

La première lecture (Isaïe 42, 1-7) annonce le baptême de la Nouvelle Alliance qui délivre, illumine et restaure: J'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple, et la lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, faire sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot ceux qui habitent les ténèbres. (vv. 6-7).

Tout est dit. Voilà ce dont nous avons tous besoin ! Voilà ce que le monde a besoin pour être libre et heureux, et non pour sombrer dans les pires esclavages, et dans la mort (argent, drogues, infanticides, avortements, euthanasies…).

Et avec quelle douceur, quelle patience, quelle tendresse, quelle bonté: Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton… Il n'écrasera pas le roseau qui plie, il n'éteindra pas la flamme qui vacille…(vv. 2-3) !

A nous, les baptisés de prendre conscience de la grâce insigne que nous procure le baptême, porte de tous les autres sacrements (C.E.C. n°1213), d'en vivre humblement et d'être les apôtres des dons qu'il ne cesse de nous irriguer par son Eglise !

Nourris de ton eucharistie et sûrs de ta bonté, nous te prions, Seigneur; accorde à ceux qui sauront écouter ton Fils unique de mériter le nom de fils de Dieu, et de l'être vraiment. Par Jésus…

(Prière après la communion)

Abbé Christian LAFFARGUE.

(1) En qui je me complais: c'est la traduction de la Bible Crampon et que je préfère pour expliquer l'union du Père et du Fils incarné dans la Sainte Trinité. "Littéralement: en lui je me suis complu" écrit en note la synopse d'Osty/Trinquet en l'expliquant. En qui je trouve ma joie traduit la nouvelle traduction liturgique en référence à Is 42, 1 (Ière lecture)

(2) On remarquera que la crainte de Dieu avait disparu de la traduction liturgique (encore imprimée dans vos missels aujourd'hui). Elle est rétablie dans la traduction liturgique révisée parue en novembre dernier (2013): Dieu accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes (Actes 10, 35). Ce n'était donc pas du mauvais esprit de notre part de le faire souvent remarquer dans cette chronique, en étant sans cesse obligé de comparer les traductions ! N'oublions pas que la crainte de Dieu (crainte filiale s'entend) est l'un des sept dons du Saint-Esprit.

N.B.:A lire dans le livre de la Liturgie des Heures le très beau texte de Saint Maxime de Turin (+470) sur le Baptême du Seigneur (vendredi après l'Epiphanie)

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