Qu'il vienne, le Seigneur: c'est lui, le roi de gloire ! (Refr. du ps. 23/24)

Publié le par abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 22 décembre 2013

4ème dimanche de l’AVENT

Année liturgique – A –

LES TEXTES DE LA MESSE

Qu'il vienne, le Seigneur: c'est lui, le roi de gloire !

(Refrain du psaume 23/24)

Comme pour les autres dimanches de l'Avent, nous trouvons dans les refrains du psaume de la Messe, les sentiments que nous devons avoir à l'approche de la fête de la Nativité avec le désir, l'appel: Qu'il vienne !

Le désirons-nous vraiment dans nos vies ? Noël, cette année, sera-t-il plus chrétien que l'an dernier ? Ou le paganisme ambiant gagne-t-il du terrain dans le programme des 24 et 25 décembre (Messes de la nuit, de l'aurore et du jour de Noël) ? Aux non-croyants, aux peu pratiquants et aux non pratiquants laissons la fête civile du 1er janvier avec ses réveillons; mais, pour notre part, protégeons la venue du Sauveur dans nos cœurs et dans notre vie concrète de ces jours. Ne soyons pas comme la famille de Joseph et de Marie à Bethléem: ils n'étaient pas méchants, comme les membres de votre famille ou vos amis, qui s'annoncent ou que vous avez invités (et on est bien libre d'inviter qui on veut et aux dates qu'on choisit), mais ils n'attendaient pas le Sauveur. Ils n'avaient d'ailleurs pas le désir de sauver leur âme, car, pour cela, il faut se convertir (retourner vers), changer de vie sur certains points, mettre Dieu à sa place: la première. Ils n'ont pas entendu frapper, dans le bruit de leurs agitations matérielles (en plus, aujourd'hui, il y a la peur. Le mal progresse, on se cache, on s'enferme…), ou, s'ils ont entrouvert la porte, c'est pour la refermer aussitôt (désolés ! Revenez un autre jour, en ce moment on est très occupé, on vous fera signe…!). Quand Dieu vient (Noël étant le 25 décembre et ne se fêtant qu'une fois par an, on peut quand même prévoir de célébrer la nuit et le jour de celui qui est venu pour nous sauver et de ne pas laisser seuls les vieux, les pauvres et les prêtres !) ou qu'Il survient à tout moment dans notre vie, lui fermerons-nous la porte ?

Le mystère joyeux de Noël (le troisième du Rosaire) est aussi douloureux car Jésus, dans le sein de Marie et, bientôt, dans la crèche de l'étable, est l'hostie qui commence à S'offrir en sacrifice à Dieu son Père pour l'expiation de nos péchés (la Vierge Marie a été, pendant neuf mois, le premier autel et le premier tabernacle).

Pourquoi la Vierge Marie, épouse de Joseph selon la Loi mosaïque, comme fiancée (les noces n'ayant pas eu encore lieu), ne lui a-t-elle pas révélé sa conception miraculeuse avant de partir auprès d'Elisabeth (Lc 1, 39) ?

Comment n'a-t-elle encore rien dit, à son retour (v. 56) ? Quelle souffrance, quelle révolte possible pour saint Joseph, quel déchirement ! "Comment deux saints peuvent-ils se faire autant souffrir sans commettre aucun péché ?" disait le Père Barrielle (C.P.C.R., dans ses prédications des Exercices de Saint Ignace). Il s'était résolu à la répudier secrètement pour ne pas à subir la mort par lapidation pour adultère (Deut. 22, 23-24).

Quand leur souffrance fut à son comble – et c'est souvent le cas pour nous – Dieu intervint par un ange qui révéla à Saint Joseph la conception miraculeuse de Marie: Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint (Mt 1, 19-20). Et qu'elle enfantera un fils auquel il devra donner le nom de Jésus car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés (v. 21).

C'est ce que ne comprirent pas les disciples, même les apôtres avant la Pentecôte, le peuple juif, et que nous voulons bien comme eux, mais sans la croix (dont on ne fait jamais mention, ou à peine, dans les homélies actuelles).

Pour comprendre ce mystère de la joie et de la croix, il faut entendre la leçon des psaumes: Il enseigne aux humbles son chemin. Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent (Ps 24, lundi); Il délivre le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours, du pauvre dont il sauve la vie (Cf. Bienheureux les pauvres en esprit, le royaume des cieux est à eux: Mt 5, 3) (Ps 71, mercredi). Qui peut et veut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le saint ? L'homme au cœur pur… qui ne livre pas son âme aux idoles (Ps 23/24).

Et les idoles sont toujours les mêmes : le pouvoir, le sexe et l'argent.

Redisons, pour terminer, l'oraison de l'Angelus qui est la collecte de la Messe de ce 4ème dimanche de l'Avent:

Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs: par le message de l'ange, tu nous a fait connaître l'incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu'à la gloire de la résurrection. Par Jésus-Christ notre Seigneur et notre Dieu qui vit et règne dans l'unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Abbé Christian LAFFARGUE

qui vous souhaite un saint Noël auprès des crèches de vos églises !

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