Prêtre éternel et roi de l’univers. (Préface de la Messe)

Publié le par abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 24 novembre 2013

Solennité de la fête du Christ Roi de l’univers

Mois des âmes du Purgatoire – Fin de l’Année jubilaire de la Foi

LES TEXTES DE LA MESSE

Prêtre éternel et roi de l’univers.

(Préface de la Messe)

L’Introït de la messe nous parle de l’Agneau qui a été immolé (Apoc. 5, 12) et l’Evangile nous montre un roi crucifié, et un larron qui demande d’entrer dans son royaume (Luc 23, 42). On est loin d’une puissance et d’une royauté temporelles ! C’est plutôt l’inverse.

Jésus de Nazareth, que nous appelons Notre Seigneur Jésus Christ, comparaissant devant Pilate, avait pourtant clairement affirmé : Tu dis bien, je suis roi et il s’était fait acclamer quelques jours avant aux portes de Jérusalem (cf. Jean 12, 12-15) accomplissant la prophétie d’Isaïe : Voici que ton roi vient (40, 9). Mais le même Jésus venait de préciser au procurateur romain que son royaume n’était pas de ce monde et que, s’il l’était, ses gens auraient combattu pour qu’il ne soit pas livré aux juifs (Jn 12, 36).

C’est donc un agneau qui est roi, et prêtre. La Préface résume merveilleusement bien notre Foi catholique :

Père très saint…, Tu as consacré Prêtre éternel et Roi de l’univers ton Fils unique, Jésus-Christ, notre Seigneur, afin qu’Il s’offre Lui-même sur l’autel de la Croix en victime pure et pacifique...

Dès l’incarnation dans le sein de la Vierge Marie, le Verbe était l’hostie (= la victime) qui commençait à s’offrir en sacrifice pour nous sauver. Elle fut, pendant neuf mois, le premier autel et le premier tabernacle.

Dans l’Apocalypse, Saint Jean présente la vision des quatre vivants et des vingt-quatre vieillards prosternés devant l’Agneau et proclamant : Tu es digne…, car tu as été immolé et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toutes tribus, langue, peuple et nation (Ap 5, 8-9). Et, de ce fait, parce qu’il a été victime pour racheter les âmes par son sacrifice : Il est digne, l’Agneau immolé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction. Et tout ce qui a été créé au ciel et sur la terre (cf Col 1, 16 – IIème lecture) célèbrent et adorent Celui qui siège sur le trône, à l’Agneau (vv. 12-13).

Quand Pilate présenta Jésus couronné d’épines et revêtu du manteau pourpre aux grands prêtres juifs et aux gardes, il leur dit : Ecce homo. Voici l’homme (Jn 19, 5). Il aurait pu dire : Voici le Roi. Ce qu’il dira d’ailleurs (v. 14) après l’accusation précise des juifs : Il doit mourir parce qu’il s’est fait Fils de Dieu, ce qui fit peur au procurateur (v. 7). Puis, par peur d’être dénoncé à Rome, et après la piètre tentative de la grâce (cf. Barabbas), il prononça la condamnation à mort de Jésus qu’il savait innocent (v. 4) mais rédigea le texte de l’écriteau qu’il fit placer au-dessus de la croix : Jésus de Nazareth, roi des juifs (cf aussi Luc 23, 38*). Les grands prêtres contestèrent l’affirmation, mais Pilate tint bon : Ce que j’ai écrit, est écrit ! (Jn 19, 21-22).

C’est en soumettant à son pouvoir toutes les créatures qu’Il a remis aux mains de la souveraine puissance (de Dieu) un règne sans limite et sans fin : règne de vie et de vérité, règne de grâce et de sainteté, règne de justice, d’amour et de paix (Préface, suite et fin). Son règne est un règne de paix dit le refrain du psaume (121/122).

Il n’a pas fondé une religion, une Eglise, par la force et la conquête armée (cf à Pierre : Rentre ton glaive, car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive, Mt 26, 52). Il a conquis les cœurs par l’amour et le pardon ; Marie-Madeleine au pied de la croix et l’un des malfaiteurs sur sa croix en sont de beaux exemples !

Dieu le Père nous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière écrit Saint Paul aux Colossiens, en nous délivrant de la puissance des ténèbres pour nous faire entrer dans le Royaume de son Fils bien-aimé par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés (1, 12-14 – IIème lect.)

On voit là que le Christ, fils de Dieu, est médiateur et prêtre. Il a offert et continue d’offrir par ses prêtres son sacrifice, perpétué sur les autels, pour réconcilier Dieu son Père avec les enfants infidèles que nous sommes ou avons été. Tête du corps, qui est l’Eglise…, Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix (vv. 18, 20).

Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous…;

Agneau de Dieu…donne-nous la paix.

Abbé Christian LAFFARGUE.

* Lc 23, 38 : en grec, en latin et en hébreu. Précision omise par le texte liturgique et que confirme pourtant St Jean (19, 20) qui était là. Ce sont les trois langues sacrées, utilisées dans les messes : le grec ((Kyrie eleison, Christe…), le latin (Sanctus…, Agnus…, Credo, Pater, sinon toute la messe) et l’hébreu (ou l’araméen son dérivé) : Amen, Alleluia.

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