Il était de petite taille… (Luc 19, 3 - Evangile)

Publié le par abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 3 novembre 2013

31ème du Temps de l’Année liturgique - C –

Mois des âmes du Purgatoire

LES TEXTES DE LA MESSE

Il était de petite taille

(Luc 19, 3 – Evangile)

Nous sommes ou nous allons être marqués par la solennité de la fête de tous les Saints et par la commémoration de tous les fidèles défunts. Immédiatement, nous voilà au dimanche avec la conversion de Zachée, le publicain, propre à Saint Luc.

Il était donc petit de taille (tout est réel et concret dans l’Evangile, incarné), et il acceptait de se considérer petit dans son corps (il monte sur un arbre), et petit dans son âme (il cherchait à voir qui était Jésus, v. 3). Il voulait savoir, non seulement par curiosité, mais parce que sans doute, au fond de lui, il désirait connaître celui qui est capable de remplir et de donner sens à sa vie.

C’est d’autant plus méritoire que Zachée n’était pas n’importe qui, un notable : chef de publicains et riche (v.2)

Il a à se défaire du poids des liens sociaux et matériels, du poids du regard du monde, des autres. Or, il court en avant et monte sur un sycomore (v. 4). Il n’attend pas d’être sollicité. Il va au-devant de Jésus (en fait, il répond intérieurement à une grâce, à un appel de Jésus). Quand, au fond de soi, quelle que soit sa vie, on ne s’oppose pas à la grâce divine, on finit par rencontrer Celui que, secrètement, on cherche. La rencontre personnelle se fait souvent et ici par un regard* : Jésus lève les yeux et l’appelle : Zachée, descends vite. Et, suprême honneur, il s’invite chez lui : Il me faut aujourd’hui demeurer dans ta maison (v. 5). Nous pensons à ces belles paroles de Jésus, en Saint Jean : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure (14, 23).

Et Zachée répond (on reste libre de répondre oui ou non, d’accepter ou de refuser l’appel, la demande, de Dieu) : Il se hâta de descendre et reçut Jésus avec joie (v. 6). Il accepte ainsi d’essuyer les critiques des bien-pensants qui murmuraient tous en disant : Il est allé loger chez un pécheur ! (v. 7).

Jésus ne s’est pas fait complice du péché en leur parlant, en les écoutant, en allant chez eux. Son Cœur est meurtri et déjà crucifié de voir les pécheurs corrompus et abîmés par le mal, mais Il les aime assez pour les arracher à la destruction et au malheur éternel en leur offrant Son pardon, Sa douceur, Sa vie… !

Et la conversion de Zachée fut éclatante. Il donne aux pauvres la moitié de ses biens et se propose de rendre au quadruple les torts qu’il a pu faire (v. 8).

Conversion attestée par le Christ : Le salut est venu aujourd’hui dans cette maison (v. 9), avec cette belle finale :

Le Fils de l’homme est venu, en effet, chercher et sauver ce qui était perdu (v. 10).

On se souvient des leçons des paraboles de l’Evangile de Saint Luc (la brebis égarée et la drachme perdue ; sans parler de celle du fils prodigue) : Il y a plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentir (15, 7 et 10).

C’est parce que Jésus nous aime qu’Il a pitié de tous les hommes, qu’Il ferme les yeux sur leurs péchés – non pour les approuver mais pour ne pas nous en accabler – pour qu’ils se convertissent (Sagesse, 11 23- Ière lecture).

Le Créateur anime, donne vie à ses créatures (Lui, dont le souffle impérissable anime tous les êtres ; 12, 1) et Il les aime car Il les a créés par amour (Il aime en effet tout ce qui existe ; 11, 24), comme les parents donnant vie et amour à leurs enfants. C’est pour cela qu’ils doivent les reprendre parfois pour les ramener dans le bon chemin : Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et qu’ils puissent croire en Toi, Seigneur (12, 2).

On est loin de la mentalité mortifère actuelle qui donne à croire que « tout le monde est sauvé » (sans l’avoir voulu ni manifesté le désir de l’être), sans avoir voulu connaître et servir Dieu à qui nous devons tout à tout instant.

Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique.

Tout homme qui croit en lui possède la vie éternelle. (Refrain de l’Alleluia)

Abbé Christian LAFFARGUE.

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