La guérison de la lèpre du péché.

Publié le par abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 13 octobre 2013

28ème dimanche du Temps de l’Année liturgique - C-

Mois du Rosaire

LES TEXTES DE LA MESSE

La guérison de la lèpre du péché.

Le général syrien Naaman est guéri de sa lèpre (cf. 2 Rois 5 – Ière lecture) et les dix lépreux de l'Evangile aussi (Luc 17, 11-19).

"Naaman représente l'homme de bonne volonté affligé de cette maladie incurable qu'est le péché et qui vient demander la santé, la guérison, à l'Eglise. Il vient à elle de très loin parce qu'il y a découvert une source de vie cachée. L'eau du baptême n'agit pas d'elle-même: son efficacité vient du fait que, par elle, nous nous intégrons au peuple du Christ, l'Eglise" (note de la Bible des peuples).

On ne comprend pas bien l’extrait de ce dimanche si on ne lit pas le récit complet de la guérison de l’officier syrien. Comme à chaque fois, on demande des interventions extraordinaires à Dieu. Et ce grand personnage, qui avait pris avec lui dix talents d'argent, six mille pièces d'or et dix habits de rechange (2 R 5, 5) pensait pouvoir monnayer, en quelque sorte, sa guérison auprès d'un autre personnage assez puissant pour le guérir (toujours la puissance, l'argent…). Il fut, de ce fait, fort choqué et déconcerté qu'Elisée – qui, d'ailleurs, ne le reçoit pas - lui fasse répondre par un factotum de se baigner sept fois dans le Jourdain pour être guéri (v. 10). Ce qui le mit très en colère (v. 12). C'était une épreuve d'humilité, préparatrice à la foi, et à la guérison. Il faillit bien repartir. C'est l'un de ses serviteurs qui lui fit observer que si le prophète lui avait demandé quelque chose de difficile, ne l'aurait-il pas fait ? Pourquoi ne pas faire tout simplement ce qu'il a demandé: Lave-toi et tu seras guéri ! (v. 13). Naaman finit pas accomplir cette démarche pénitentielle de descendre de son char, de se plonger sept fois dans le Jourdain. Et il fut guéri.

Dans la guérison des lépreux de l'Evangile, Jésus, interpellé par les incurables (Jésus, maître, aie pitié de nous! Lc 17, 13) ne les guérit pas immédiatement comme il l'avait fait pour un lépreux (Il avait alors étendu la main, l'avait touché en disant: Je le veux, sois guéri Lc 5, 12-13). Il leur dit simplement: Allez vous montrer aux prêtres (Lc 17, 14). C'était assez déconcertant et choquant, car le Lévitique (14, 1-32) prescrivait d'aller vers les prêtres du Temple, mais une fois guéri, pour faire constater sa guérison, subir un rite d'expiation et être autorisé à reprendre sa place dans la société. Là, il ne les guérit pas, mais leur demande d'aller se montrer aux prêtres. Il les éprouve, et Il éprouve leur foi. Et c'est en y allant, qu'ils furent guéris (Lc 17, 14), une fois la démarche humblement accomplie.

Aujourd'hui, peu sont guéris des maux et lèpres de leurs âmes, car on veut tout, tout de suite, et sans efforts, sans s'humilier, sans suivre les exigences pourtant faciles et très accessibles de Dieu et de l'Eglise.

Pour revivre, il faut mourir. Voilà une parole certaine: si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons; si nous persévérons dans l'épreuve, avec lui nous règnerons; si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Mais si nous sommes infidèles, Lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même. (2 Tm 2, 11-13 – IIème lecture). Et nous voulons vivre et guérir, mais sans mourir à nous-mêmes, sans nous renoncer, sans nous convertir. Des profondeurs (de nos péchés, de nos misères) je crie vers toi, Seigneur; Seigneur écoute mon appel ! dit le si beau De profundis (Psaume 129) dont l'introït de la Messe a retenu deux versets.

Est-ce que nous "descendons de notre char", que nous nous lavons dans les eaux des sacrements et que nous remercions comme seul l'a fait l'un des dix lépreux guéris: Relève-toi, va; ta foi t'a sauvé ! (Lc 17, 19) ?

Le riche est dépourvu, affamé, mais, à la table du Seigneur,

celui qui cherche Dieu ne manque de rien.

(antienne de communion, Ps 33,11)

abbé Christian LAFFARGUE.

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