L'amour de Jésus-Christ dans sa Passion (St A. de Liguori)

Publié le par Abbé Laffargue

Saint Alphonse de Liguori

Docteur de l’Église

"La Pratique de l’Amour envers Jésus-Christ"

Edition Artège,  Perpignan 2011

 

Chapitre 1er: Quel amour mérite Jésus-Christ pour l'amour qu'il nous a témoigné dans sa Passion (pp. 5 à 18)

1- Aimer Jésus-Christ, notre Dieu, notre souverain bien et notre Sauveur, c'est toute la perfection, toute la sainteté. Si vous m'aimez, vous serez aimés de mon Père (Jean 16, 27).

Il en est, selon l'observation de saint François de Sales, qui placent la perfection dans les austérités, d'autres dans l'oraison, d'autres dans la fréquente réception des sacrements, d'autres enfin dans l'aumône…. Ils se trompent. La perfection consiste dans un grand amour pour Dieu.

Saint Paul n'a-t-il pas écrit: Par-dessus tout, possédez la charité qui est le lien de la perfection (Col. 3, 14). C'est que, seule, elle assemble et garde toutes les vertus qui rendent l'homme parfait.


5- Pour gagner pleinement notre cœur, il n'a pas suffi à l'amour d'un Dieu de nous mettre en possession des merveilles de l'univers, il en est venu au don complet de lui-même. Le Père céleste, en effet, n'est-il pas arrivé à nous donner son propre Fils, son Fils unique; c'est à ce point, nous dit Saint Jean, qu'il a aimé le monde (3, 16). Tous nous étions morts, privés de la grâce par le péché. Ce que voyant, que fit Dieu ? Dans son immense amour, que dis-je ? dans son excessif amour (Eph 2, 4), il envoya parmi nous son Fils bien-aimé, le chargeant d'expier nos fautes et ainsi de nous rendre cette vie que le péché nous avait enlevée (…)

 

7- Mais voici le comble du prodige: il pouvait nous sauver sans mourir, sans même souffrir. Or, il a choisi une vie de peines et d'humiliations, une mort pleine d'amertume et de honte, la mort sur la croix, gibet d'infamie réservé aux scélérats. Pourquoi donc, lui qui pouvait nous racheter sans souffrances, a-t-il préféré la mort et la mort de la croix, sinon pour nous prouver l'amour qu'il nous portait ? (Eph. 5, 2). Il nous a aimés et, par amour, il s'est livré en proie aux douleurs, au mépris et à la mort, et à quelle mort ! la plus cruelle qui fut jamais.

 

9- L'ardeur de son amour faisait soupirer Jésus après l'heure de sa mort. Désireux de manifester l'affection que son cœur nous gardait, il allait répétant: Je dois être baptisé de mon propre sang… Ah ! quel désir me presse de voir hâter le moment de ma Passion, afin que bientôt l'homme se rende compte de mon amour ! (Luc 12, 50).

Parlant de cette nuit où Jésus inaugura sa Passion, saint Jean écrit: Jésus, sachant que le temps était venu pour lui de passer de ce monde à son Père…, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à la fin (12, 1). L'heure se sa mort, Jésus l'appelait son heure. C'est qu'elle était l'heure désirée, l'heure où il pourrait donner aux hommes la preuve suprême de son amour, en mourant pour eux sur la croix, consumé de douleurs. (…) Saint François de Paule, à la vue du crucifix, s'écriait avec raison: Ô charité, ô charité, ô charité ! Et nous tous, les yeux fixés sur Jésus en croix, le cœur embrasé, nous devrions nous écrier à notre tour: Ô amour, ô amour, ô amour !

 

16- Ô Ami divin, comment me reconnaître de votre si grand amour ? Le sang se paie avec du sang: c'est justice. Puissé-je me voir empourpré de ce sang et cloué à cette croix ! Ô sainte croix, réserve-moi une place ! Elargis-toi, ô couronne d'épines; entoure aussi mon front ! Ô clous, arrachez-vous des innocentes mains de mon Sauveur et percez mon cœur de compassion et d'amour ! Ô mon Jésus, saint Paul me l'affirme, si vous êtes mort, c'est pour vous soumettre les vivants et les morts, non par les châtiments, mais par l'amour (Rm 14,9)

 

18- Pour arriver au parfait amour envers Jésus-Christ, il faut en prendre les moyens. Les voici, tels que les enseigne saint Thomas:

1) Garder un souvenir constant des bienfaits divins tant généraux que particuliers.

2) Considérer l'infinie bonté de ce Dieu qui s'emploie sans cesse à nous faire du bien et toujours nous aime et toujours est en quête de notre affection.

3) Eviter avec soin la moindre chose qui lu déplaise.

4) Renoncer aux attaches terrestres: richesses, honneurs, plaisirs des sens.

Le Père Tauler indique un autre grand moyen pour aimer parfaitement Jésus-Christ: méditer sa sainte Passion.

 

19- Qui peut, en effet, contester que cette dévotion soit, entre toutes, la plus utile, la plus tendre, la plus chère à Dieu, celle qui davantage console les pécheurs, celle qui davantage enflamme les âmes aimantes ? La Passion de Jésus-Christ, n'est-elle pas pour nous la source de tous les biens ? D'où nous vient l'assurance du pardon, la force contre les tentations, l'espoir d'aller au ciel ? (…)

 

20- Il n'est point, affirme saint Bonaventure, de dévotion plus apte à sanctifier une âme que la méditation de la Passion. Il nous conseille de la méditer chaque jour si nous voulons progresser dans l'amour de Dieu. Bernardin de Bustis s'appuyant sur saint Augustin, dit qu'une larme versée au souvenir de la Passion a plus de valeur qu'une semaine de jeûne au pain et à l'eau. (…)

 

Ô refuge des pécheurs et Mère de mon Sauveur, Marie, aidez un pécheur qui veut aimer son Dieu et se recommande à vous. Secourez-moi, je vous en conjure par l'amour que vous portez à Jésus."

 

(Bulletin paroissial de Tossiat, Carême 2012)

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