"Rendez à César..., et à Dieu..."

Publié le par Abbé Laffargue

Bulletin paroissial du 16 octobre 2011

29ème dimanche du Temps de l'Année liturgique (A)

Mois du Rosaire

LE MOT DU CURE

  

Rendez à César ce qui est à César…

(Matthieu 22, 21 – Evangile)

 

…et à Dieu ce qui est à Dieu. C'est une distinction importante que fait Jésus, en réponse à une question piège des Pharisiens. En effet, si Jésus défend de payer l'impôt à l'occupant romain, il en sera accusé devant le procurateur, le gouverneur – ce que feront quand même les Pharisiens devant Pilate auquel ils voudront arracher la condamnation à mort  (Luc 23, 2) ; si, au contraire, il le permet, il dressera contre lui les juifs.

Jésus sépare ici le pouvoir civil et le pouvoir religieux, chacun régnant sur son propre domaine, hors la loi qui s'impose à tout homme (la loi naturelle) en matière de respect et de défense de la vie (de la conception à la mort naturelle), de la liberté religieuse, ce qui n'est pas le cas de l'islam, par exemple, où le pouvoir religieux règle tout et règne sur tout (théocratie). Le Seigneur, ici, ne fait pas de discours, il s'appuie sur les faits: que porte la pièce d'argent, le denier ? L'effigie de l'empereur romain. Son pouvoir s'impose, même s'il est illégitime. Il a l'autorité en matière d'échanges et de commerce, en matière financière. Jésus, d'ailleurs, respectera le pouvoir du procurateur Pilate avec lequel il dialoguera le Vendredi-saint. Quand Il se taira, laissant au gouverneur la liberté de le relâcher – conformément au droit – ou de le condamner – sous la pression des Pharisiens et du peuple manipulé – Pilate, étonné et vexé lui dira: Ne sais-tu pas que j'ai pouvoir de te relâcher et que j'ai pouvoir  de te crucifier ? Jésus répondra: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut (Jean 19, 10-11).* Il lui avait déjà dit: Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux Juifs; mais non, mon royaume n'est pas d'ici (18, 36). A Pierre qui, voulant le défendre au jardin des oliviers, avait tranché l'oreille du serviteur du Grand Prêtre, Jésus (qui la lui remis) dit: Remets ton glaive au fourreau, car tous ceux qui prennent le glaive – ou l'épée – périront par le glaive (Mt 26, 51-52). Joseph et Marie avaient aussi obéi à l'édit de César Auguste, ordonnant un recensement de tout l'empire romain, dans le lieu où était issue sa famille, avaient quitté Nazareth en Galilée pour Bethléem  en Judée (distantes de 150 km)  malgré la naissance imminente de l'enfant, Jésus. En obéissant, alors qu'ils avaient bien des raisons de ne pas le faire, ils ont accompli la volonté de Dieu (Luc 2, 1-6). Ajoutons qu'après la première multiplication des pains, la foule voulut l'enlever pour le faire roi, mais Jésus se retira de nouveau seul dans la montagne (Jean 6, 15).

Il a régné par la croix qui a porté l'inscription de sa royauté (Mt 27, 37), victoire sur la mort et sur le péché, roi des âmes et des cœurs pacifiés par la grâce.

 

Puissions-nous ressembler aux premiers chrétiens de Thessalonique et mériter l'éloge que leur fit Saint Paul: Nous nous souvenons que votre Foi est active, que votre Charité se donne de la peine, que votre Espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ devant notre Dieu et Père (Th 1, 3 – IIème lecture).

 

Abbé Christian LAFFARGUE.

 

* Saint Paul écrira aux chrétiens de Rome: Que chacun soit soumis aux représentants de l'autorité, car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu et celles qui existent ont été instituées par Lui. C'est pourquoi celui qui résiste à l'autorité, résiste à l'ordre établi par Dieu… (13, 1-2)

 

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