"La présence réelle"

Publié le par Abbé Laffargue

"La Présence réelle"

D'après Intimité divine (Méditations sur la vie éternelle pour tous les jours de l'année) du Père Gabriel de Sainte Marie-Madeleine, o. c. d., 2ème volume (de juin à novembre), édition de 1963 (pp. 6 à 10)

   "(…) Dieu ne s'est pas contenté de nous donner, une fois pour toutes, son Fils unique, en voulant qu'Il assume notre chair dans le sein d'une Vierge – chair semblable à la nôtre, afin qu'Il puisse souffrir et mourir pour nous sur la Croix -, mais Il a désiré qu'Il demeure toujours avec nous en perpétuant dans l'Eucharistie sa présence réelle et son sacrifice. Par le récit des Evangélistes, nous pouvons reconstruire et revivre, dans notre cœur, les doux mystères de la vie de Jésus; mais si nous possédions uniquement l'Evangile il ne nous resterait que des souvenirs pleins de nostalgie: Jésus ne serait plus avec nous, mais seulement au ciel, à la droite du Père, ayant quitté définitivement la terre au jour de l'Ascension. Avec quel regret ne regarderions-nous pas les trente trois années de la vie terrestre du Sauveur, écoulées depuis des siècles ! Mais il n'en est pas ainsi ! L'Eucharistie rend permanente la présence de Jésus au milieu de nous. Dans l'hostie consacrée, nous trouvons ce Jésus que Marie mit au monde, que les pasteurs trouvèrent enveloppé de langes et couché dans la crèche; que Marie et Joseph nourrirent, gardèrent et virent croître sous leurs yeux; ce Jésus qui appela les Apôtres à Le suivre, qui fascinait et enseignait les foules, qui accomplissait les miracles les plus éclatants, qui se déclarait la Lumière et la Vie du monde, qui pardonna à Madeleine et ressuscita Lazare; qui, pour notre amour, a sué le  sang, a reçu le baiser de la trahison, fut réduit à n'être plus qu'une plaie et mourut sur la Croix. Ce Jésus, qui, ressuscité, apparut aux Apôtres et permit à Thomas de poser son doigt dans ses plaies; ce Jésus, monté au Ciel, glorieux à jamais et qui, assis à la droite du Père, nous envoie de concert avec Lui, l'Esprit Saint. Ô Jésus, Vous êtes toujours parmi nous, toujours identique, hier et aujourd'hui…. et à jamais ! (Hebreux 13, 8). Eternellement le même, par l'immutabilité de votre Personne divine, toujours le même dans le temps, par le Sacrement eucharistique.

(…) Il n'est pas l'objet passif de notre adoration, mais Il est vivant: Il nous voit, nous écoute, répond à nos prières par ses grâces, de telle sorte que nous pouvons avoir, avec le doux Maître dont parle l'Evangile, des rapports vivants, concrets et, quoique non sensibles, semblables à ceux qu'avaient avec Lui ses contemporains.

Dans l'Eucharistie, sans doute, sa divinité, tout comme son humanité, est voilée; mais la foi remplace avantageusement les sens, elle substitue ce que nous ne pouvons voir et toucher: à persuader un cœur sincère – chante Saint Thomas – sola fides sufficit: la foi seule suffit (Page lingua).

De même qu'au jour où, sous les apparences d'un pèlerin, Jésus instruisait et embrassait les cœurs des disciples d'Emmaüs, ainsi, caché sous les voiles eucharistiques, Il illumine nos âmes, les enflamme de son amour, et les porte toujours plus efficacement vers le bien.

Jésus, vrai homme et vrai Dieu, est là dans l'hostie consacrée; tout comme Il s'est incarné pour nous, c'est aussi pour nous qu'Il s'est caché sous les saintes espèces: là, Il nous attend, nous désire, toujours prêt à nous accueillir, à nous écouter… Et nous avons tellement besoin de Lui !" (…)

Si vous n'étiez voilé, ô Seigneur, qui de nous n'oserait Vous approcher avec tant de froideur, d'indignité et d'imperfection ?"  

 

Bulletin paroissial de Tossiat, 3 juillet 2011

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