Pâques

Publié le par Abbé Laffargue

L'Agneau sans défaut et sans tache

"C'est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l'homme sui souffre; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme; il a pris sur lui les souffrances de l'homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair; par l'esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide..
Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l'idolâtrie du monde… Il nous a délivrés de l'esclavage du démon… Il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.
(…) C'est lui qui nous a fait passer de l'esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C'est lui qui est la Pâque de notre salut. (…)
En Abel il a été tué; en Isaac il a été lié sur le bois; en Jacob il a été exilé; en Joseph il a été vendu; en Moïse il a été exposé à la mort; dans l'agneau il a été égorgé; en David il a été en butte aux persécutions; dans les prophètes il a été méprisé.
C'est lui qui s'est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d'entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.
C'est lui l'Agneau muet; c'est lui l'agneau égorgé; c'est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache; c'est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n'ont pas été brisés; dans la terre, il n'a pas connu la corruption; il est ressuscité d'entre les morts et il a ressuscité l'humanité gisant au fond du tombeau."
Méliton de Sardes (Office des lectures, Jeudi-saint)



Le Christ nous a légué le sacrement de sa Pâque

"Le sacrifice céleste institué par le Christ est vraiment l'héritage légué par son testament nouveau; il nous l'a laissé la nuit où il allait être livré pour être crucifié, comme un gage de sa présence.
Il est le viatique de notre voyage, notre nourriture sur le chemin de la vie, jusqu'à ce que nous soyons parvenus à celle-ci, en quittant ce monde. C'est pourquoi le Seigneur a dit: Si vous ne mangez pas ma chair et ne buvez pas mon sang, vous n'aurez pas la vie en vous (Jn 6,53).
Il a voulu que ses bienfaits demeurent parmi nous; il a voulu que les âmes rachetées par son sang précieux soient toujours sanctifiées à l'image de sa propre passion.
C'est pourquoi il donne l'ordre à ses disciples fidèles, qu'il établit les premiers prêtres de son Eglise, de célébrer sans fin ces mystères de vie éternelle.
Et il est nécessaire que tous les prêtres, de toutes les Eglises du monde, les célèbrent jusqu'à ce que le Christ revienne du ciel.
C'est ainsi que les prêtres eux-mêmes et tout le peuple des fidèles devraient avoir chaque jour devant les yeux la représentation de la passion du Christ; en la tenant dans nos mains, en la recevant dans notre bouche et notre cœur, nous garderions un souvenir ineffaçable de notre rédemption."
Saint Gaudence de Brescia (Office des lectures, jeudi dans l'octave de Pâques)


Feuillet de la Vigile pascale, paroisse de Tossiat, 2009.

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