L'incinération

Publié le par Abbé Laffargue

Elle se répand de plus en plus. Le Code de Droit Canon de l'Eglise catholique (1983) l'autorise (canon 1176,3) alors que le précédent l'interdisait formellement sous peine d'excommunication et de privation de la sépulture ecclésiastique (canons 1203,2 et 1240,1).
Malgré l'assouplissement actuel, l'incinération est contraire à l'esprit et à la tradition de l'Eglise. "Vous étiez agréables à Dieu, lorsque vous priiez avec larmes et que vous ensevelissiez les morts, que vous quittiez votre repas et que vous cachiez les morts dans votre maison durant le jour pour les ensevelir pendant la nuit "(l'ange Raphaêl à Tobie, 12).
Les anciens juifs comme les populations sémites avant eux, n'ont jamais pratiqué l'incinération. Ils allaient même jusqu'à inhumer les corps de leurs ennemis. Voyons aussi l'exemple des premiers chrétiens ensevelis dans les catacombes. Le prophète Ezéchiel rapporte le commandement de Dieu d'ensevelir les dépouilles mortelles de Gog et de ses soldats après une bataille victorieuse pour Israêl (39, 11-15 où le verbe enterrer est utilisé cinq fois).
Le Pape Boniface VIII (1294-1303) punit d'excommunication ceux qui feront subir un impie et cruel traitement aux corps des défunts par l'action du feu. Dieu glorifie les corps des saints en les maintenant miraculeusement intacts. Ainsi, ceux de Ste Catherine Labouré, du saint Curé d'Ars Jean-Marie Vianney, de Ste Bernadette Soubirous, de Ste Thérèse Couderc, etc… Les révolutionnaires avaient trouvé le corps intact de Ste Germaine de Pibrac, près de Toulouse, et, furieux, l'ont détruit à la chaux vive!
L'Eglise a toujours réagi contre la propagande et la pression de la Franc-Maçonnerie en faveur de la crémation des corps (Saint Office, décrets et réponses des 19 mai et 15 déc. 1886, du 27 juillet 1892).
Le respect des corps, selon la loi naturelle, et de ceux qui ont été la demeure du Saint-Esprit ( Jn 14,17 -1 Co 3,16; 6,19) pour les baptisés, est manifesté par l'encensement des fidèles lors des messes solennelles et par celui des défunts lors de l'absoute des funérailles . Il est aussi manifesté par les tombes des cimetières, fleuries et pieusement entretenues, qui perpétuent le souvenir des morts, manifestant ainsi l'amour et la tendresse que l’on continue, concrètement, de leur manifester.
L'Eglise consacre une journée, le 2 novembre, pour prier pour les morts, en espérant qu'ils sont au moins en purgatoire. A propos du purgatoire, voilà ce que rappelle la Catéchisme de l'Eglise Catholique (n°1030-32): "Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu (c'est-à-dire "en état de grâce": qui n'ont aucun péché mortel qu'ils n'aient pas confessé) mais imparfaitement purifiés (la faute est effacée par l'absolution sacramentelle du prêtre ou par la contrition parfaite, mais il faut encore réparer: en expier les conséquences) souffrent après leur mort une purification afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du Ciel. L'Eglise appelle purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés (…)"
Et l'Eglise rappelle l'importance de "faire dire des Messes" pour les défunts: "Dès les premiers temps, l'Eglise a honoré la mémoire des défunts et offert en particulier le sacrifice eucharistique afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu (…) Ne manquez pas à ce devoir de charité, à cette solidarité avec ceux qui nous ont précédés !"
" Ouvre, Seigneur, à nos frères défunts ta maison de lumière et de paix, car c'est pour eux que nous avons célébré le sacrement de la Pâque…" (prière après la communion de la Messe du 2 novembre)
Abbé Christian LAFFARGUE.
Cf aussi "les incinérations et l'Eglise", note pastorale de Mgr Guy Bagnard, évêque de Belley-Ars, parue dans "Eglise des Pays de l'Ain" du 26 mai 1989 (cf "Documentation Catholique" du 5 nov. 89, p. 961)
L'incinération (pour BENOÎT XVI) : "La foi en la résurrection n'est pas nécessairement confessée de cette manière (de l'inhumation des corps n.d.l.r.) parce que Dieu nous recrée un corps nouveau indépendamment de cela, si bien que l'incinération devient acceptable. Je dois dire que je suis assez vieux jeu pour continuer à considérer l'inhumation comme une expression proprement chrétienne du respect du corps du défunt, du corps humain tout court, et aussi une expression de l'espérance qu'un avenir lui est assuré"
Cardinal Joseph RATZINGER, "Voici quel est votre Dieu", Plon/Mame 2001, pp.304-305.

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