La Communion dans la main

Publié le par Abbé Laffargue

Pour ceux qui communient dans la main (directives pratiques):

S'ils ne se mettent pas à genoux, ils doivent, avant de communier, faire une génuflexion (genou droit à terre) (1) ou une inclination profonde, pour manifester la foi qu'ils ont dans la présence substantielle du Christ dans la sainte Eucharistie et la révérence qui lui est due (2). Pour communier, après avoir dit "amen", ils doivent tendre la main gauche formant un léger creux, soutenue par la main droite placée dessous. Après que le prêtre ait posé la sainte hostie dans la main, ils doivent immédiatement faire un pas de côté (pour ne pas ralentir la procession des suivants) et communier tournés vers l'autel (on n'emporte pas l'hostie). Ils doivent bien faire attention à ce que des parcelles (contenant le Seigneur) (3) ne restent pas accrochées à la paume de leur main droite et aux doigts de la gauche. Si c'est le cas (surtout avec des mains humides de sueur) ils les lècheront pour les consommer. Voyez comment le prêtre purifie les doigts qui vont ou qui ont touché l'hostie consacrée à la fin de l'Offertoire et après la communion!
N.B.: Entre nous, il est quand même plus commode, plus sûr, plus rapide et plus respectueux de communier sur la langue comme des siècles de pratique l'ont consacré dans l'Eglise !
(cf. article sur la Communion dans la main dans le Bulletin paroissial du 23 oct. 2005. Envoi sur demande par internet).
La communion directement dans la bouche reste la règle générale rappelée par l'Eglise. Pour la recevoir dans la main (selon les conditions susdites) il faut que "la Conférence des évêques l'ait permise avec la confirmation du Siège apostolique" (4)
(1) P.G.M.R. n°274 - (2) C.E.C. n°1374 à 1378; P.G.M.R. n°160 – (3) C.E.C. n°1378 – (4) Instruction Redemptionis sacramentum, 2004, n°92 qui précise, au n°93: "Qu'il faut maintenir l'usage du plateau pour la Communion des fidèles, afin d'éviter que la sainte hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre."
P.G.M.R.: Présentation Générale du Missel Romain, éd. 2000 – C.E.C.: Catéchisme de l'Eglise Catholique (1992)

(Bulletin paroissial de Tossiat, 12 août 2007)

Nous reproduisons ci-après une partie de l’entretien accordé par Mgr Albert Malcolm Ranjith, Archevêque, Secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements à l’Agence “Fides”
le 11 novembre 2007.

(…) Faisons bien la distinction. La réforme post-conciliaire n’est pas entièrement négative. Elle compte même de nombreux aspects positifs en ce qui a été réalisé. Mais il existe également des changements qui ont été introduits de manière abusive et continuent à être suivis malgré leurs effets nocifs pour la foi et la vie liturgique de l’Église.

Je me réfère ici, par exemple, à un changement effectué dans le cadre de la réforme et qui ne fut proposé ni par les Pères conciliaires ni par Sacrosanctum Concilium, à savoir la communion reçue dans la main. Ceci a contribué de quelque manière à une certaine baisse de foi en la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Cette pratique et l’abolition des tables de communion, des prie-Dieu dans les églises et l’introduction de pratiques qui obligent les fidèles à demeurer assis ou debout au cours de l’Élévation du Très Saint Sacrement réduisent la signification réelle de l’Eucharistie et le sens de la profonde adoration que l’Eglise doit à son Seigneur, le Fils Unique de Dieu. En outre, l’Église, demeure de Dieu, est dans certains lieux utilisée comme une salle pour des rencontres fraternelles, des concerts ou des célébrations interreligieuses. Dans quelques églises, le Très Saint Sacrement est presque caché dans une chapelle invisible. Tout cela obscurcit la foi si centrale au sein de l’Église, celle qui concerne la présence réelle du Christ. Pour nous autres catholiques, l’Église est essentiellement la demeure de l’Éternel.
(Correspondance européenne, agence d'information, n°176)

Célébrant la messe de la solennité du Saint-Sacrement, à Saint-Jean-du-Latran, Benoît XVI a distribué la communion aux fidèles selon l’usage traditionnel : les fidèles étaient à genoux pour recevoir le Corps du Christ sur la langue.
Dans son homélie, le pape a insisté sur le geste d’adoration et d’humilité que constitue la communion reçue à genoux : « Adorer le Dieu de Jésus-Christ, qui, par amour s’est fait pain rompu, est le remède le plus valide et radical contre les idolâtries d’hier et d’aujourd’hui. S’agenouiller devant l’Eucharistie est une profession de liberté : qui s’incline devant Jésus ne peut et ne doit pas se prosterner devant aucun autre pouvoir terrestre, si fort fût-il. Nous, chrétiens, nous ne agenouillons que devant le Saint-Sacrement, parce que nous savons et nous croyons qu’en lui l’unique vrai Dieu est présent, lui qui a créé le monde et l’a tant aimé qu’il lui a donné son Fils unique. »
Cette remise à l’honneur d’une pratique traditionnelle par Benoît XVI avait été annoncée, pour ainsi dire, par Mgr Malcolm Ranjith, secrétaire de la Congrégation du Culte Divin et de la Discipline des Sacrements. Il y a quelques mois, il avait préfacé un livre sur la Sainte communion, publié à la Libreria Editrice Vaticana par un évêque d’Asie Centrale, Mgr Athanasius Schneider. Dans sa préface, Mgr Ranjith affirmait qu’il était temps « de revoir et, si nécessaire, d’abandonner » la pratique de la communion reçue debout et dans la main. « Il est plus nécessaire, écrivait aussi le secrétaire de la Congrégation du culte divin, d’aider les fidèles à retrouver une foi vive dans la présence réelle de l’Eucharistie ».
Préface à Mgr Athanasius Schneider, Dominus est. Riflessionni d un vescovo dell’Asia Centrale sulla sacra Communione, Libreria Editrice Vaticana, 2008, p. 8. Cf. Aletheia n° 120, 9 février 2008.
Yves Chiron, Lettre d'informations religieuses Aletheia du 2 juin 2008.

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