"Une petite goutte d’eau…" (cf. Luc 16, 24)

Publié le par Abbé C. Laffargue

Bulletin dominical du 29 septembre 2013

26ème du Temps de l’Année liturgique – C –

LES TEXTES DE LA MESSE

Une petite goutte d’eau

(cf. Luc 16, 24 – Evangile)

C’est ce que demandait l’homme riche au séjour des morts (v. 23) à Lazare, le pauvre, qui avait été emporté par les anges dans le sein d’Abraham (v. 22 = dans le royaume de Dieu, cf. Mt 8, 11) et qui souffrait terriblement dans cette fournaise (v. 24). Mais il lui fut répondu que pendant sa vie terrestre, il avait reçu beaucoup de biens (il était vêtu de vêtements de luxe et faisait chaque jour joyeuse chère, v. 19), et que, pendant ce temps, le pauvre Lazare était couché à sa porte, couvert d’ulcères, sans pouvoir se rassasier de ce qui tombait de la table du riche (vv. 20-21). Et le fossé établi entre eux était un abîme infranchissable ! (v. 26)

Ce sont nos fautes, notre mépris des pauvres (non seulement d’argent mais de biens de toutes sortes) et des petits, qui ont creusé le fossé entre le ciel et la terre , entre nous et Dieu. Ces biens matériels, intellectuels et spirituels nous ont été donnés pour que nous en soyons les dispensateurs et non les propriétaires égoïstes !

Alors, le riche qui est en enfer, voudrait au moins que ses cinq frères qui vivent comme lui sur la terre, soient avertis de ce qui les attend de peur qu’ils ne tombent eux aussi dans ce lieu de tourments (v. 28). Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent répond Abraham (on dirait aujourd’hui : ils ont le catéchisme, les prédications des prêtres, l’enseignement des Papes, les écrits des saints). Envoyez donc quelqu’un de chez les morts et ils se repentiront insiste-t-il (v. 30). Mais Abraham répond, ce qui vaut toujours pour ceux qui ne veulent pas entendre : S’ils ne les écoutent pas, même si quelqu’un d’entre les morts ressuscitait, ils ne seraient pas convaincus (v. 31). Les gens veulent de signes, des preuves, des miracles – comme les juifs du temps de Jésus-

ils en ont d’ailleurs, mais ils n’en font rien car ils ne veulent rien changer dans leur vie et dans leurs choix !

Le prophète Amos, que nous avons lu aussi dimanche dernier, mettait en garde les hédonistes de son temps, couchés dans des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans, mangeant les meilleures viandes, ivres de musique, buvant abondamment, s’aspergeant de parfums de luxe (6, 4-6). Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles…, à ceux qui se croient en sécurité… ! (v. 1). Ils seront les premiers déportés, l’orgie des paresseux est maintenant terminée (v. 7. Trad. B. des peuples).

Toi, homme de Dieu écrit Saint Paul à Timothée (1 Tm 6, 11), fuis ces désirs (phrase supprimée dans le texte liturgique) (il s’agit de l’amour de l’argent, v. 10) et recherche au contraire la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur (v. 11). Sommes-nous des « hommes de Dieu » ? Car certains, pour s’être livrés à ces désordres se sont égarés loin de la foi et se sont infligés beaucoup de tourments (v. 10).

Il recommande la lutte, le bon combat de la foi pour conquérir la vie éternelle à laquelle nous sommes appelés… En restant fidèles à la profession de foi, en demeurant irréprochables et purs jusqu’à la fin

(vv. 12, 14).

Heureux qui s’appuie sur le Seigneur son Dieu ;

il garde à jamais sa fidélité, il fait justice aux opprimés, aux affamés, il donne le pain.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés.

(Psaume 145/146)

Abbé Christian LAFFARGUE.

Publié dans Bulletin dominical

Commenter cet article